‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 194 sur 292 · Cartul. de l'Isle-Jourdain · texte numérisé non relu

Cartul. de l'Isle-Jourdain

droits de sa sœur Esclarmonde. Jordan reconnaît devoir à sa femme mille deniers morlans (monnaie de Béarn, frappée à Morlaas, à l'effigie de la vache aux cornes solaires). Il lui en assure deux mille autres sur le château du Teilh. En outre, il lui fait don de deux coupes et de sept plats d'argent. Esclarmonde, veuve quatre ans après, regagnait ses montagnes natales où le comte Roger-Bernard son père, dans la prévision de son retour, avait dès l'origine assigné son douaire au Castellar de Pamiers (1204) *.

Ce retour d'Esclarmonde correspond à deux grands événements, la croisade grecque et la ligue romane. Une quatrième croisade partait pour l'Orient. Elle n'avait pas, comme la précédente, un empereur et des rois à sa tête. Ses chefs étaient secondaires par le rang, mais non par le génie ; c'étaient Dandolo, le vieux doge aveugle de Venise; Boniface, marquis de Montferrat ; Baudoin, comte de Flandre; Thibaud, comte de Champagne; Simon de Montfort, destiné bientôt à une si sanglante célébrité ; et Geoffroy de Ville-Hardouin, le père de la chronique chevaleresque de France. Cette croisade prit la mer à Venise. Elle conquit Constantinople, fonda l'empire latin d'Orient, et n'alla point à Jérusalem. Ces pèlerins n'étaient que des aventuriers. Ils cherchaient la toison d'or plus que la croix et le sépulcre. Le Bosphore vit une seconde expédition des Argonautes dont le valeureux et charmant troubadour, Rambaud de Vaquières, fut le chevaleresque Orphée. 11 pleurait aussi son Eurydice, sa Béatrix perdue, et vo-

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