‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 200 sur 292 · Jean XIV, 26; XV, 26; XVI · texte numérisé non relu

Jean XIV, 26; XV, 26; XVI

sa tige originelle, comme le christianisme s'était entièrement détaché de sa souche antique du mosaïsme. Elle reconnaissait encore le Christ, mais non plus Moïse ni Abraham. Elle remontait, par Platon, aux patriarches du genre humain, Orphée, Hermès, Zoroastre, Manou. Gomme la synagogue juive, meurtrière de Jésus, elle repoussait le magisme persan meurtrier de Manès. Son inspiration venait de l'Inde, des forêts des Brames. C'était Jean interprété par Platon, un mystique panthéisme doublé d'un dualisme secondaire, une vaste et poétique théosophie1.

Le catharisme rejetait la chair et le monde et ne s'occupait que des choses du ciel. C'est ce qu'il fallait aux princes toujours en lutte contre la rapacité des moines, en révolte contre le despotisme fulminant des papes. Les barons prirent sous leur patronage ce doux mysticisme étranger; ils lui consacrèrent leurs enfants; ils entrèrent dans son sacerdoce. Le diaconat cathare attirait surtout en foule les matrones romanes. Ces reines des cours d'amour se transfiguraient, vieillissantes, en prêtresses de l'amour divin. Sur les ruines de leurs songes, elles se retrouvaient les oracles , les organes même du Paraclet. C'est ainsi qu'Esclarmonde, mariée, par la politique de son père, à un seigneur puissant, mais guerrier et d'un fanatisme à demi barbare, put enfin, délivrée par la mort de son époux, revenir, dans son veuvage et sa vieillesse, aux virginales aspirations de son

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