Pierre de Vaux-Cernay, chap. IV
le cathare. L'albigisme s'emparait insensiblement de Toulouse. Il avait le comte, les chevaliers, plusieurs capitouls. Il y avait cent chapelles dans les palais des barons. On prêchait dans l'hôtel d'Arnauld-Bernard, contigu à la barbacane occidentale. On prêchait chez lesMaurand à l'ombre de Saint-Saturnin, la grande basilique du Bourg. On prêchait chez les Peytavi, rue de l'Orme-Sec. On prêchait chez les Rouaïx, les Varagne, les Villeneuve, au cœur de la cité. On prêchait enfin dans le palais même du comte. Ainsi, du Castel-Narbonnais à l'est, jusqu'au château du Bazacle à l'ouest, le- catharisme enveloppait Toulouse d'une chaîne d'oratoires domestiques et chevaleresques'1.
Maître Raoul et Pierre de Castelnau, légats du pape, assistés de Ramon , évêque de Toulouse, et de Guilhem de Cantè, abbé de Saint-Saturnin, citèrent à leur tribunal le comte, les consuls, le peuple (samedi 13 décembre 1203). Le comte absent fut représenté par ses viguiers. Vingt consuls comparurent : nous devinons les quatre contumaces. Le peuple remplissait la vaste basilique de Saint-Saturnin. Les deux légats demandèrent le serment de fidélité à l'Église romaine, et, pour encourager les citoyens, ils déclarèrent que le souverain pontife confirmait toutes les libertés, usages et coutumes de Toulouse ; que ceux qui prêteraient le serment seraient tenus pour fidèles chrétiens, mais que ceux qui refuseraient le serment