Doat. Inq. de Toul
Catholiques et cathares acceptèrent unanimement la lutte contre les légats. La controverse s'engagea avec hauteur de la part des Romains, avec une fierté indignée de la part des citoyens. Leur irritabilité indomptable fut portée à son comble par les menaces du fougueux Pierre de Castelnau. L'archidiacre de Maguelonne devint leur bête noire. Raoul et Diégo, tremblant qu'il ne fût massacré, le pressèrent de quitter Béziers. Il partit et se réfugia dans les troubles civils de Montpellier. Bientôt après ses collègues, abandonnant des conférences orageuses où les syllogismes s'aiguisaient parmi les poignards, sortirent en secouant leurs sandales et se dirigeant sur Garcassonne. C'est alors sans doute qu'ils laissèrent tomber de leurs lèvres irritées ce proverbe arrivé jusqu'à nous, « que si le Christ était de nouveau crucifié dans le monde, ce serait à Béziers, » paroles prophétiques de la croisade 4.
Béziers était en lutte contre le pape, Montpellier était en guerre contre le roi d'Aragon. Don Pedro, maître de la ville par son mariage, voulut doubler les impôts, réduire les libertés, répudier la reine. Les consuls attaquent le château, démolissent le donjon royal, et chassent le roi de leurs murs. Castelnau, fugitif de Béziers , arrive sur ces discordes et s'interpose entre les belligérants. Il condamna les consuls à reconstruire la forteresse, et le monarque à renoncer aux impôts excessifs, et à garder la reine. Le volage prince s'adressa directement au pape. Il