Pierre de Yaux-Cernay
lui disait qu'il avait un grand scrupule d'avoir épousé la reine, du vivant de son second mari le comte de Commenges, et après avoir eu des relations avec une parente de la princesse. En même temps, il demandait la main de Marie de Lusignan, héritière du royaume de Jérusalem. De là, Gastelnau se rendit vers le Rhône pour éteindre les guerres qui ensanglantaient ses bords, non pour épargner le sang humain, mais pour armer les princes et les peuples contre les hérétiques. Ramon VI, qui sentait que cette paix tournerait en armement et en massacre, refusa de signer l'accord et de s'associer à une seconde croisade d'Albano. Pierre, furieux, excommunia Ramon, et fulmina l'interdit snr le comté de Toulouse l.
Pendant que Gastelnau s'efforçait de rassembler les éléments d'une croisade, Raoul, Diégo et Dominique, revenus à Garcassonne, engagèrent une conférence de huit jours contre l'évêque Bernard de Simorra. Bernard, probablement originaire de Gascogne, en était venu à la suite de la vicomtesse Esclarmonde. Il était déjà évêque de Garcassonne en 1204, et soutint une première conférence contre les légats en présence du roi d'Aragon. Les deux colloques se confondent ; les champions sont les mêmes. L'une et l'autre eurent lieu probablement au château vicomtal, devant tous les seigneurs septimaniens, le prince Trencabel et même le roi don Pedro. Il n'y a de plus que Diégo et Dominique. Or, comme nous ne connaissons rien de cette seconde controverse, nous