Dom Vaissette, V
allons reproduire le compte rendu de la première dont elle ne fut sans doute que la répétition. Le roi demanda à Simorra « s'il croyait à un seul Dieu toutpuissant, créateur des choses visibles et invisibles, auteur de la Loi de Moïse et du Nouveau Testament. * Les hérétiques, « après plusieurs subterfuges, auraient répondu par un blasphème horrible qu'ils reconnaissaient trois Dieux, et même un plus grand nombre, dont l'un, qui était le mauvais, était le créateur des choses visibles et l'auteur de la Loi de Moïse. Que Jésus n'était qu'un pur homme né d'un homme et d'une femme. Qu'ils avaient nié le sacrement de l'autel et la résurrection générale, et protesté que la Vierge Marie n'était pas née selon la chair de parents charnels. » Les deux légats les ayant réfutés, le roi d'Aragon les condamna en présence de l'évêque de Garcassonne 4.
Le roi d'Aragon était un grand théologien de l'empire d'amour, mais il est douteux que ce brillant et chevaleresque prince fut aussi compétent en matière de gnose alexandrine. Le secrétaire de la conférence de Garcassonne n'a pas mieux compris que le scribe du colloque de Vertfeuil. Il est impossible que les cathares aient dit qu'ils reconnaissaient trois Dieux et même un plus grand nombre, puisqu'ils confessaient un dieu un, unique, universel, infini, une seule essence divine et une seule substance universelle. Ils n'ont pas pu dire que Jésus n'était qu'un homme, puisqu'ils n'admettaient qu'un