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CHAPITRE IX

Conversion d'Esclarmonde. — Consécration de l'hospice du Castellar. — Mission catholique du Lauragais. — Maisons de Laurac et de Durfort. — Troubles de Pamiers. — Défi d'une dernière et suprême conférence au Castellar. 1. Pierre de Vaux-Cernay.

Pendant ces colloques et ces tumultes, le comte de Foix était sorti de la prison d'Urgel. Sa captivité avait duré environ quatre ans. Les peuples s'étaient émus, les cathares avaient intercédé, le roi d'Aragon était intervenu, comme suzerain; le comte Armengaud relâcha son illustre captif, nécessaire à la défense du Midi. L'héroïque vaincu et le magnanime vainqueur s'unirent de la plus étroite amitié dans les fers. Ramon-Roger conserva, dans sa défaite, sa conquête catalane ; il avait sauvé non seulement l'héritage de son fils, mais encore le champ d'asile de la patrie, et l'aire de la victoire et de la liberté romane l. (Commencement de 1207.)

Esclarmonde n'attendait que le retour du comte

1, Martene, p, 1069 et seq.

pour donner à sa conversion une consécration suprême et se vouer irrévocablement au Consolateur.

Le jour venu, la princesse se rendit à Fanjaus par Bolbonne, nécropole paternelle, et accompagnée du comte Ramon-Roger son frère, comme pour s'entourer, dans cet acte solennel, du chef de sa race, de sa famille vivante, et des mémoires de ses ancêtres. Quatre matrones romanes, Auda de Fanjaus, Faïs de Durfort, Ramona de Miro et Esclarmonda de Festa, compagnes autrefois de ses jeux, maintenant de son veuvage et de sa solitude ascétique, escortèrent en quelque sorte l'infante dans l'Église du Consolateur. Auda de Prouille, dame de Fanjaus, était l'épouse d'Isarn de Bélissen, de la maison de Mirepoix. Fanjaus, ancien temple de Baal, était un des foyers du catharisme pyrénéen. Le culte de l'Esprit semblait se rallumer des cendres mal éteintes sur les autels héliaques du Bélénus celtique, et de l'Abelliohelléno-ibérien1. Le temple occupait le sommet arrondi du coteau et dominait le bourg que les Romains appelaient Fanum-Jovis, nom que les Romans prononçaient Fan-Jaous. L'église catholique remplaçait le sanctuaire païen dont les piscines servaient d'abreuvoir aux palefrois du châtelain. Le château est jeté sur l'escarpement oriental, et le bourg s'abrite du nord en s'étageant sur le versant du sud ou ses ruelles descendent en cascades. Fanjaus était alors la résidence du fils-major ou grand vicaire de l'évêque cathare de Toulouse. Cet archidiacre se nommait Guilhabert, de la grande maison

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