Ancêtre de Beccaiïa et de Manzoni
de Guzman; enfin des abbés de Saint-Antonin de Pamiers, de Saint-Volusien de Foix, de Bolbona, de Lezat et du Mas-d'Azil, et d'autres moines du Nord et du Midi1.
Le comte de Foix était encore officiellement catholique, mais toute doctrine était admise dans ses Etats, dans sa cour et dans son cœur. Il était sympathique aux cathares uniquement occupés de choses du ciel, et détestait ces Romains orgueilleux qui parcouraient le Midi traînant à leur suite les tonnerres théocratiques de l'excommunication et de l'interdit, et qui, dédaigneux du monde, en revendiquaient l'empire au nom du pape, lieutenant de Dieu. Toutefois le prince se posant avec une fière indépendance entre les deux sacerdoces, leur fit, avec une affectation d'égalité, un accueil grave et magnifique. Mais cette égalité même était un cruel affront pour les superbes légats de Rome. Ils eurent, un instant après, à dévorer une autre couleuvre. Il fallait un juge du tournoi : ce juge doctrinal ne pouvait être qu'un laïque; un laïque fut donc, comme à Montréal, momentanément reconnu supérieur aux deux hiérarchies du Christ et du Paraclet. Ce clerc séculier, comme on disait alors, se nommait maître Arnauld de Campranhan, d'un château situé sur la rive gauche de l' Ariège. à une lieue au nord de Foix : c'est aujourd'hui Grampagna. Un siècle plus tard, ce châtelet appartenait à la maison de Foix, et nous sommes peut-être en droit de penser que maître Arnauld était parent ou allié de la dynast ie com-