‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 244 sur 292 · Trad. Vaudoises et Albigeoises. — 2. S.Jean. Ev. XXI · texte numérisé non relu

Trad. Vaudoises et Albigeoises. — 2. S.Jean. Ev. XXI

légendaire étaient d'égale force, et Sézélia, vicomtesse de Conserans, et les consuls de Pamiers, qui étaient léonistes, pouvaient affirmer, avec plus de vraisemblance encore, que le véritable chef de l'Ésrl ise après le Christ, n'est ni saint Pierre ni saint Jean, mais évidemment saint Paul, miraculeusement élu par le Sauveur, et sacré comme par la foudre sur le chemin de Damas, pour subvenir à l'insuffisance des Douze, et pour être l'apôtre des Gentils qu'il évangélisa dans tout l'univers, et qui, notamment à son passage dans les Gaules, fut le fondateur de l'Église antique des Alpes et des Pyrénées1 . Les trois systèmes, on le voit, sont à leur base enveloppés de mythes. Mais les plus énormes fictions se creusent, comme des gouffres, dans le système romain. Quelle filiation possible entre Jérusalem et Rome, entre le Christ et Céphas son vicaire, entre Pierre, le pêcheur galiléen, et ses successeurs, les pontifes du Vatican, entre l'Evangile enfin et la théocratie ?

Les Romains déroulèrent sans doute la série majestueuse de leurs pontifes se succédant sans interruption pendant douze siècles. Ils attribuaient au siège du Vatican la transmission de l'Esprit de Dieu. D'après Grégoire VII les papes étaient saints de ce fait seul qu'ils étaient assis dans la chaire de saint Pierre, et de ce sommet divin la sainteté découlait par l'ordination jusqu'aux derniers rangs de la hiérarchie. C'était une espèce de vertu magique,

Page 1