Act. des Ap. IX. — Tradition pyrénéenne
d'incantation sacerdotale1. L'Esprit de Dieu était captif au Vatican comme un ramier dans sa cage et se mouvait dans l'organisme catholique comme un écureuil dans l'orbe circulaire de son donjon. Bien plus, cette sainteté romaine venant d'en Haut, était étrangère à la conscience, indépendante de la moralité ; un pape moralement faillible était infaillible dogmatiquement; un monstre, comme Jean X, par exemple, une fois dans la chaire romaine, n'en était pas moins le vicaire du Christ. Chez les cathares, le sacerdoce était l'efficace propre de l'Esprit de Dieu; un évêque était, par son vice même, déchu du sacerdoce ; la 'pureté et le pouvoir purificateur l'abandonnaient avec l'Esprit-Saint ; de sorte que la sainteté ascétique formait nécessairement les divers degrés de la hiérarchie cathare : son pape eût été l'image vivante du Paraclet. Sur ce point, les léonistes, qui rejetaient toute hiérarchie, étaient néanmoins parfaitement d'accord avec les Albigeois2. Les uns et les autres n'entendaient qu'avec une profonde horreur affirmer par les catholiques qu'un homme de Satan peut être l'organe de l'Esprit de Dieu. C'est à ce funeste dogme que l'Église romaine doit le malheur de compter parmi ses pontifes un Borgia, un Torquemada, un Dominique dont la sainteté,