‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 246 sur 292 · Epit. Grégor. VII. Innocent III · texte numérisé non relu

Epit. Grégor. VII. Innocent III

2. Liturgies vaudois.es. — C'était aussi l'opinion de Port- Royal. Aurélius (Saint-Cyran) revenait en bien des endroits sur la nécessité de l'Esprit intérieur qui est tout. Un seul péché mortel contre la chasteté destitue, selon lui, l'évêque et anéantit son pouvoir. (Sainte-Beuve, Port-Royal. 1. 325. Notes.)

immonde ou sinistre, épouvante la conscience du genre humain.

Les sacerdoces catholique et cathare donnaient pour titre de leur mission les Écritures, le canon hébreu, surchargé, par les Romains, des livres apocryphes, et réduit, par les Albigeois, presque aux seuls écrits johannites. Les quatre évangiles sont les biographies du Christ, admises par les fractions principales de l'Église primitive : leur réunion indique la fusion de ces diverses tribus évangéliques dans l'Église impériale de Constantin. Mais deux grandes familles chrétiennes y sont encore visibles. Les trois évangiles synoptiques appartiennent à la famille judéo-romaine et occidentale; le quatrième appartient à la famille orientale et indienne. L'évangile de saint Matthieu n'est, dit-on, que la traduction grecque du proto-évangile syriaque de saint Pierre. Il s'ouvre par la généalogie royale du Fils de David; elle remonte jusqu'à Abraham. Son symbole est un prophète ; c'est évidemment l'évangile messianique des Juifs. Saint Luc fait remonter jusqu'à Adam la généalogie du Fils de V Homme, 11 a donc un but plus humain, plus universel. Son livre serait donc l'évangile des Gentils., et principalement des Grecs, et des Églises helléno-syriennes dont saint Paul avait semé les rivages de la Méditerranée, races dont le taureau serait l'antique et commun symbole. L'évangile de saint Marc, substantiel, condensé, laconique, et sans généalogie, tient des deux évangiles précédents, dont il ne semble qu'un abrégé, et conduit au dernier qui s'ouvre

par la généalogie du Verbe divin. Le lion de Marc, le lion de Juda et du désert mène à l'aigle de Jean, l'aigle prophétique du désert et de la Perse. C'était l'évangile des Romains, et le lion, son symbole, indiquerait leur origine ibérienne 4. Il faut tenir compte de ces symboles, hiéroglyphes de la foi chrétienne des premiers siècles, sphinx ailés qu'Ezéchiel attelle au char de Jéhova.

Saint Jean est donc l'évangéliste des Églises indohelléniques, du monde d'Alexandre. Sa généalogie du Logos, son Christ sans père, sans mère, sans famille humaine comme Melchisédec (Hébr. vu). Le culte en esprit (^Jean iv, 24). Le pain du ciel, esprit et vie (vi, 63). L'inanité de la chair (ibid.). La Cène effacée par les derniers entretiens (xiv-xvn) . L'Esprit baptême et Eucharistie célestes (xx, 22). La transfiguration du Thabor rejetée dans l'ombre, glorification sans objet dans un Christ revêtu d'un corps éthéré. Le supplice de la croix, dont le sens est modifié dans l'Apocalypse, mort apparente d'un être essentiellement immortel (Ap. v. 6). Nulle mention de l'enfer, mais indication des diverses demeures dans la maison du Père, haltes des âmes dans un purgatoire sidéral, degrés d'un salut progressif, continu, universel; l'annonce du Saint-Esprit qui devait compléter la Révélation en enseignant toutes choses-, tout, jusqu'à son génie platonicien, jusqu'à son vocabulaire oriental, tout indique dans l'œuvre johannite l'Evangile catharéen. Il est vrai que saint J ean montre le Verbe comme créateur de l'univers, qu'il consacre

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