‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 260 sur 292 · Beausobre : Hist. du Manich · texte numérisé non relu

Beausobre : Hist. du Manich

struisant une capitale, y bâtissant des palais, établissant des camps, s'exerçant aux luttes héroïques, lançant des chevaux et des chars de feu, charmant leur exil par le son mélancolique delà lyre, et figurant les mystères et les batailles du ciel1. 6' est ainsi que Lucibel et ses anges, précipités dans l'espace, avaient produit dans leur chute ce chapelet de mondes qui en marque les degrés jusqu'à la terre obscure perdue vers les confins du néant. Ils s'étaient fait dans l'exil une patrie à l'image du ciel. De là ces constellations répandues comme des îles de lumière, des archipels de feu, sur l'océan de l'Ether, séjour des anges bannis, piscines de la purification des âmes, haltes de la migration et du retour vers la patrie céleste, perpétuel objet de leur désir. D'après Manès, le soleil n'était qu'une piscine de feu, et la lune une piscine d'eau, suspendues, pour une dernière purification, aux portes mêmes du Paradis. Mais Lucibel, le prince de l'air, n'avait pu, avec les idées du Christ, qu'employer des ombres, des nuages, des apparences, et donner à son oeuvre une réalité fantastique. La création n'était qu'une sorte de mirage, de rellet assombri du ciel.

Mais les âmes exilées du ciel, comment se rouvraient-elles les portes delà Patrie? Par la purification. Cette purification, où s'accomplissait-elle ? Sur la terre d'abord, puis d'astre en astre. Par quel moyen ? Par des transmigrations successives. On re-

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