‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 265 sur 292 · Paradis perdu, liv. III · texte numérisé non relu

Paradis perdu, liv. III

il a recréé l'univers moral. Dans un certain sens, l'agneau est perpétuellement immolé et sa mort est la vie du monde, et le monde est son éternel calvaire l.

Sur la naissance du Christ trois systèmes se sont produits : l'ébionite, le cathare et le gréco-latin. D'après le système ébionite ou juif, Jésus descend d'Abraham, était fils de Joseph et de Marie; d'où la généalogie de saint Matthieu et le drame bucolique de Bethléem. — Le cathare transporte ce drame dans le ciel. La mère du Christ n'est point Marie, la vierge de Sion, mais Mani (Mens), l'âme d'Agnostos. L'Esprit est un principe féminin. La Consolatrice l'enfanta avant l'Aurore, et le Verbe naissant créa le monde invisible, type du monde matériel. Revêtu d'un corps éthéré, il descendit avec la beauté et la splendeur d'un Dieu. — Le système gréco-latin se place entre l'ébionite et le cathare. Au premier il prend Marie, au second l'Esprit. Il divinise la Vierge pour la rendre digne de l'hymen d'un Dieu2. Les cathares ne pensaient qu'avec horreur que le Verbe eût pu naître in utero midieris. Marie conçut par l'entendement le Verbe divin. Cette doctrine se retrouve chez les Pères, non seulement d'Orient mais d'Occident. Dieu parlait par l'ange et la Vierge s'imprégnait par les 'oreilles, dit saint Augustin. Le Verbe « entra par l'oreille de la Vierge dans notre monde, revêtu d'une robe de pourpre; et, lumière et

1. Lamennais d'après les théog. ant. — Esq. d'une phil. I, 112.

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