‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 271 sur 292 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

eunuques volontaires du royaume des Cieux, dont parle le Sauveur *.

Le Christ glorifiait la famille jusque dans le ciel, en donnant à Dieu le titre de Père, en prenant luimême le nom de Fils, et en les unissant par l'Esprit, leur mutuel et perpétuel amour. Les maisons albigeoises étaient donc toutes blondes et bourdonnantes d'enfants, et nous allons voir ces abeilles guerrières sortir de leurs ruches féodales et se ruer tumultueusement sur les champs de bataille. L'inspiration cathare venait de l'Inde. Gomme le brahmane, ce n'est qu'après avoir donné le jour à une famille nombreuse, qui était sa couronne et sa gloire, que l'Albigeois, abandonné de la nature, l'abandonnait sans regret, et faisant vœu de chasteté se préparait une blanche et vénérable vieillesse. Aucun peuple n'a mieux exprimé le sentiment conjugal et paternel que les brahmanes. « Écoute la voix de nos législateurs divins, dit un poète de l'Inde. Rappelle-toi ce que, dans leurs chants immortels, ils ont dit de la femme, cette compagne modeste de l'homme. C'est elle qui, dans le fils qu'elle lui donne, prolonge son existence en le faisant vivre dans un autre lui-même : c'est à ce fils qu'il doit la délivrance des âmes de ses ancêtres2. »

Nous pouvons croire que chez les cathares comme chez les brahmanes, le mariage était sanctifié comme un moyen de transmigration des âmes dans de nouveaux corps, transmigration d'où résultait leur pu-

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