Lois de Manou
rification successive, et leur délivrance finale. Le bonheur de voir les âmes des aïeux passer avec leurs traits à leurs enfants leur inspirait ce mot charmant: « Insipide est la mélodie des oiseaux à qui entend le gazouillement d'un nouveau-né. » Mais quand leurs organes étaient brisés, leurs sens éteints, leur famille complète, les vieillards se séparaient de leurs enfants, dénouaient leur union conjugale, et par un veuvage volontaire, se préparaient dans la solitude, par la prière, le jeûne, la charité, la contemplation, à remonter vers Dieu. Après la vie mondaine et terrestre, par l'apprentissage de la vie angélique, ils préludaient à la vie du ciel.
Les manichéens primitifs, aujour de leur initiation, recevaient aux mains, à la bouche, et sur leur poitrine l'empreinte de trois sceaux mystiques1. Ces trois sceaux n'existaient plus chez les cathares du moyen âge, mais ils avaient conservé le triple élément de leur perfection ascétique : pureté de la main, de la bouche et du coeur. Sur ces trois sceaux ou ces trois vœux, les catholiques étaient d'accord avec les cathares. Seulement, l'ascétisme catholique n'avait point la base qu'il prétendait trouver dans la Bible. Il était condamné par saint Paul 2, condamné surtout par Moïse. Les catholiques durent d'autant plus vivement attaquer les cathares qu'ils étaient sur tous ces points plus radicalement manichéens. Mais