‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 33 sur 292 · Nommée aussi Trencabella · texte numérisé non relu

Nommée aussi Trencabella

d'évêques ni de vicomtes ; ils ne s'émurent guère ni de l'irritation de la noblesse ni de l'excommunication du pape. Telle était la fière et farouche indépendance des républiques du Midi ; vengeance individuelle, mais bientôt plébéienne et patriotique, représailles de la cité contre le prince, de l'Aquitaine contre l'étranger, les rois d'Aragon et d'Angleterre l.

C'est par ce chemin sanglant que le jeune Roger, fils aîné de Trencabel, monta sur le trône vicomtal. Il n'avait pas vingt ans, il était aimable et belliqueux ; son père l'appelait Rohairet (Rogeretj; et le peuple le surnomma Talhafer (Taillefer). Il veut venger son père assassiné; le roi Alphonse se joint à lui; aux barons de Garcassonne s'unissent les hidalgos d'Aragon; ils marchent contre Béziers. Les fiers consuls repoussent leurs assauts ; ils bravent les balistes des princes comme les foudres de Rome. Après deux ans de siège les deux camps transigèrent. Béziers se soumit, et Roger pardonna. Humilié, il revint à Garcassonne. Mais un jour, un baron irrité de cette paix s'écria : Vous avez vendu le sang de votre père, Monseigneur. Le vicomte frémit; il avertit secrètement le roi d'Aragon ; des troupes espagnoles viennent des Pyrénées ; elles arrivent par détachements devant Béziers ; elles demandent à passer la nuit dans ses murs, car c'est l'hiver, pour se rendre en Provence. Les consuls accueillent ces milices d'un monarque ami; quand Béziers est plongé dans le sommeil, les Aragonais se lèvent, s'emparent des

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