‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 35 sur 292 · Guill. Neubr. — Rob. de Mont · texte numérisé non relu

Guill. Neubr. — Rob. de Mont

Provence, et soutiendrait ses prétentions sur Toulouse et sur Garcassonne. Roger le comprit, revint à son seigneur naturel et national, et s'unit par une double alliance au comte de Toulouse. Ramon V, de son froid et triste mariage capétien, avait une fille, brillante image de son père, de son peuple et de son siècle amoureux de l'idéal. La jeune infante, orpheline d'une mère vivante, et privée de son père par le plaisir, la politique et la guerre, fut élevée dans la paisible solitude de Burlats en Albigeois. Aladaïs, pupille des troubadours, devint l'objet de leur admiration et de leur encens ; ils la célébrèrent sous le nom de Belveser, qui exprime sa beauté, et de Tôtm-y-plals, qui révèle sa grâce et son charme sympathique. Leurs chants rendirent célèbre la rose naissante du Sidobre. Aladaïs de Burlats fut accordée, après de longues discordes, au jeune Roger Taillefer, vicomte de Garcassonne (1171) et bientôt après, sa sœur Béatrix de Béziers épousa Ramon, infant de Toulouse. Le comte par cette double union s'attachait un vassal puissant et belliqueux dont l'hommage inquiet et récalcitrant oscilla, trop souvent encore, entre Toulouse et l'Aragon. La cour de Garcassonne, sous la belle et vaillante Aladaïs, devint le siège de l'héroïsme, de la poésie et de la galanterie chevaleresque, avec une rayon de sentimentabilité platonique, et comme une succursale, plus chaste et plus gracieuse de Toulouse, car c'est une femme qui tenait le sceptre 4.

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