Troub. Arn. de Marveil
Reine de ce monde sentimental, Aladaïs tenait ses assises sous l'orme du manoir vicomtal, dans une cour encadrée de portiques romans et d'arcades mauresques. C'était l'époque des grandes femmes comme des grands hommes ; et la vicomtesse pouvait à son tribunal avoir pour acolyte Ermengarde de Narbonne, une profonde politique, ou Esclarmonde de Foix, une docte théologienne. Les coupables dont elle jugeait les érotiques délits étaient Richard Cœur de Lion, Alphonse le Chaste ou Ramon-Roger de Foix. A ces puissants princes qui l'encensaient de leurs hommages, Aladaïs préféra toujours Arnauld de Marveil, un pauvre clerc du Périgord, ennobli par son cœur et sa harpe. Elle mit sa beauté, et plus tard son veuvage, sous la garde de la poésie et du mystique amour. Les tours de Carcassonne existent encore, et le souvenir d' Aladaïs de Burlats et d' Arnauld de Marveil y répand un parfum plus doux que celui de ces fleurs de pourpre et de tristesse, dont avril fait tous les ans refleurir les rameaux sur leurs murailles noircies de l'horreur des révolutions et des siècles.
Foix est un rameau montagnard et belliqueux de l'opulente Carcassonne.