Marveil, aujourd'hui Mareuil (Périgord
Mais le haut rang de l'infante de Toulouse, petite fille des rois de France, épouvante l'humble harpéor. « Il me sied mal, dit-il, d'ambitionner une si haute conquête; il faut laisser aux rois l'honneur de soupirer pour elle. Mais quoi! l'amour n'égale-t-il pas les conditions? Dès qu'on aime, on est digne de plaire. La vaine distinction des rangs disparaît auprès de Dieu. Il ne juge que les coeurs, et ne veut que des sentiments. 0 parfaite image de la divinité, que n'imitez-vous votre modèle ! »
Ces craintes lui venaient de l'amour que Alphonse le Chaste avait conçu pour la vicomtesse. Le troubadour, osa disputer sa conquête au roi. Car enfin, dit-il, son cœur vaut bien celui d'un monarque. C'est se rendre égal aux 'souverains que d'avoir des vues qui leur feraient honneur. César né loin du trône, mérita d'être élevé sur celui de l'univers. De même Arnauld ne se trouve pas indigne d'être élevé au cœur d'Aladaïs. La vicomtesse hésita entre le roi et le troubadour. Elle récompensa d'un baiser la tendresse du poète ; ce fatal baiser qu'il célébra dans deux chansons, le trahit. Dans sa félicité., il désire encore davantage. « On apprivoise un lion, dit-il, on ne peut dompter le cœur d'Aladaïs. » Le monarque irrité, força la vicomtesse de congédier le troubadour. La princesse résista, et se contenta d'ordonner au poète désolé de renoncer à son amour. « Mais puis-je obéir? Puis-je même le vouloir? » répondit l'infortuné chanteur, qui préféra les ennuis de l'exil