‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 99 sur 292 · Guib. de Neubr., I. XI. ch. xm · texte numérisé non relu

Guib. de Neubr., I. XI. ch. xm

aux évêques et aux ecclésiastiques du pays, d'y apporter toute leur attention, et d'empêcher qu'on ne donne retraite aux hérétiques, et qu'on n'ait commerce avec eux soit pour vendre ou pour acheter1. » Le concile ordonnait aux princes l'exacte recherche de leurs conventicules, prescrivait l'emprisonnement et la confiscation; on votera bientôt la mort (1163). Et c'est là Y hérésie d'Idace, le césarisme sacerdotal, stigmatisé par Martin de Tours.

Un contemporain nous a tracé un court tableau des cathares du Périgord. Pons, leur patriarche, avait douze évêques suffragants. « Ces faux prophètes prétendent mener une vie apostolique et imiter les apôtres. Ils prêchent sans cesse, marchent nu-pieds, ne mangent point de viande et ne boivent pas de vin, et se contentent de recevoir leur simple nourriture. Ils disent que l'aumône ne vaut rien, parce que personne ne doit rien posséder. Ils refusent de participer à la sainte communion, prétendent que la messe est inutile et déclarent qu'ils sont prêts à mourir pour leur croyance. Ils font semblant d'opérer des prodiges...2 » Au contraire, ils s'en défendent; mais ils avaient aux yeux du peuple un prestige miraculeux. Ils s'échappaient de leurs cachots et de leurs fers comme de connivence avec les esprits et les démons. Au surplus, ce rapport est fort inexact. Ils portaient des chaussures, faisaient d'abondantes au-

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