LIVRE DEUXliiyE 83i
maltraitèrent quelques habitants du bourg Saint- Marcel. Le prieur du Moustier, seigneur de ce bourg, se plaignit au légat et à Tévêque qui réclamèrent auprès de la régente. Blanche, avec l'empartemaU irréfléchi des femmes, ordonna au prévôt de Paris de châtier Tinsolence des Picards. La colérique nation fut daguée dans les rues, et des cadavres restèrent sur les pavés et dans les ruisseaux tachés de sang et de vin du bourg SainMif arcel. Le recteur, irrité déjà de l'interdiction d'Aristote, et maintenant indigné de la violation de ses droits et du meurtre de ses clercs, demande hautement justice à la reine, au légat et à l'évêque. Sur le déni royal et sacerdotal, ce chef, plus furieux encore, s'exile de Paris, entraînant maîtres et écoliers qui s'éloignent et se dispersent, maudissant le légat romain, la superbe reine , et leur honteuse conniteue. Paris, par cette exode scolastique, cessa d'être la nourrice de philosophie et de sapience , la fontaine éis jaritni, le puits dont les ondes vives arrosaient la foceier univers^. Les maîtres les plus renommés se retirèrent avec leurs disciples, les uns à Reims, d'autres à Orléans, la plupart à Angers, qui devint la métropole de toute doctrine. Quelques-uns s'exilèrent jusqu'en Angleterre, en Italie et en Espagne. C'est ainsi qu'une émeute d'écoliers, mais qui se rattachait à la lutte générale de l'esprit humain contre la papauté, agita l'Europe. Un mouvement de Paris ébranlait déjà le monde.
Grégoire IX s'en émut sur son trône théocratique.