‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 14 sur 506 · De Quer, Ker, Car, Roche, et de casser, chêne · texte numérisé non relu

De Quer, Ker, Car, Roche, et de casser, chêne

3. Le mot amour, au moyen âge, comprenait l'ensemble des vertus, des talents, des élégances dont se composait la perfection, l'idéal chevaleresque.

tournois poétiques et chevaleresques. C'est sur ce siège judioial que le jeune vicomte se vit entouré des vieux serviteurs de sa dynastie, les chefs vénérables des clans pyrénéens, les fils de Nos, d'Oliba, d'Impéria, de Bélissen ; le sévère Bertran de Sais- ^ac, ancien régent de Garcassonne, pendant la minorité du vicomte victime de Montfort; le valeureux Pierre-Roger de Cab-Aret, le vainqueur de Bourohard de Marly; Olivier et Bernard de Termes, Bernard de Castres, Olivier etRamon d'Hautpoul, Bernard de Boissezon, Ramon de Ménerba, Bernard et Olivier de Penne ; leurs femmes ou leurs mères, héroïnes des cours d'amour, revenues vieillies de Texil d'Ël9pagne, roses fanées par le temps et la tempête, mais reverdissant aux rayons mystiques du Paraclet; la fameuse Loba de Pechnautier, Brunissenda de Cab-Aret, Ermengarda de Castres» Aladaïs de Boissezon, Escarona de Rabastens, Gemesquia de Menerba ' ; et avec ces chêtelaines et ces barons, le troubadour Ramon de Miraval, le chantre survivant de leurs beautés et de leurs exploits, vieilli comme eux dans l'exil aux bords de rÉbre, et qui rapportait avec sa harpe un écho des beaux jours de la patrie romane, et dans sa personne un souvenir des luttes musicales de ses naélodieux rivaux, le tendre poëte Arnauld deMarveil, Alfonse le Chaste, roi d'Aragon, et même Richard Cœur-de-lion, lorsque ce monarque conduisit à Ramond VI sa sœur Jehanna d'Angleterre, deveuue

1. Escar-ona, la colline basque; Gemma-Esquia, la perle basque.

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comtesse de Toulouse, et qu'il risita la cour d'Aladaïs, la plus poétique des Pyrénées. L'ombre des vieux jours et des félicités éteintes rayonnait un instant encore et répandait son enchantement mélancolique §ur ces manoirs assombris et ensanglantés de Carcassonne \

Le comte de Foix et son jeune pupille Trencabel reçurent alors Thommage de tous les puissants barons de la Montagne -Noire, des Gorbières et de Gerdagne. L'antique Aznar, chef cantabre du Nebouzan, était la souche commune de leur race. Carcassonne, branche de Commenges, avait formé le rameau de Foix qui s'était r^reffé sur sa tige, entée au tronc des Trencabel d'Alby, par le mariage de Roger-Bernard I*', comte de Foix, avec Cécile de Carcassonne. Ramon-Boger, vicomte de Carcassonne, était donc neveu issu de germain, de Boger- Bemardll ,petit-fils de Cécile de Carcassonne, comtesse de Foix. La consanguinité des races et la proximité des branches étaient encore accrues par l'intimité des chefs. Quelques jours avant la croisade, Ramon-Boger P% vicomte de Carcassonne, pressentant sa fin tragique, et les infortunes de son unique enfant, nomma tuteur de son fils, son parrain, le grand comte Bamon-Boger de Foix, et, danslecas de la mort de l'orphelin, déclara son oncle héritier de tous ses États. Trencabel, rentré dans son palais, renouvela la môme donation, dans la prévision où il mourrait sans postérité légitime, en far veurde son second tuteur, le comte Boger-Bernard,

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