‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 15 sur 506 · Miquel de la Tor, Troubadours · texte numérisé non relu

Miquel de la Tor, Troubadours

qui venait de lui reconquérir ses vastes domaines paternels. De plus, reconnaissant des tendres soins dont Roger-Bernard avait entouré son enfance délaissée, il ajouta le don d'autres terres à celles que le comte possédait déjà dans le Garcassez, Preixan Pieussan, Aleyrac, dot magnifique de son aïeule Cécile de Carcassonne. Il y ajoutera bientôt le Cher- Gorb, petite chaîne de montagne qui sépare la vallée de l'Aude du cours de l'Ers pyrénéen, et dont la bande de rochers sera le bouclier de la frontière orientale du comté de Foix. Le comte de Toulouse, de son côté, après avoir donné à Roger- Bernard un vaste territoire dans le Quercy, avec la ville naissante de MontaubaUi adjoignit à ce fief superbe celui, non moins magnifique, d'une trentaine de villages, relevant de Saint- Félix de Lauragais. C'est ainsi qiie les deux princes récompensaient les services du vainqueur de la croisade et du vengeur de la patrie romane*. De sorte qu'après l'expulsion des étrangers, le comte de Foix, de son chef ou de celui de son pupille, dominait depuis la Cerdagne jusqu'au Rouergue, et depuis le confluent du Tarn et de l'Aveyron jusqu'à la mer de Narbonne et de Maguelonne.

Après les grandes fêtes de la délivrance et le délire de la victoire patriotique, vinrent des soins plus graves, des réflexions plus sérieuses. Au fond cette victoire fut triste ; on ne triomphait que sur des ruines : les danses foulaient des tombeaux. Il y eut des larmes de joie et des rires de désespoir.

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