‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 16 sur 506 · Dom Vaissette · texte numérisé non relu

Dom Vaissette

Il fallut relever les foyers paternels. Les manoirs étaient à demi détruits, les terres ravagées, les races décimées par quinze ans de guerre. On compta ses morts; on rassembla ses ossements. Combien, nerevinrent jamais de Texil ni des batailles I Ramon- Roger de Garcassonne avait péri par le poison dans un fond de tour ; Pierre II, roi d'Aragon, dans le tumulte aveugle, la mêl^e nocturne de Muret. Le vicomte et le roi étaient regardés comme des mar* , tyrs, et le monarque invoqué comme un saint de la patrie. Le comte Ramon-Roger de Foix avait trouvé, le trépas en arrachant Mirepois aux croisés. Il avait sa tombe à Rolbona. Ramon VI, comte de Toulouse, expira dans sa capitale, mais il n'obtint jamais un tombeau. L'ordre miséricordieux de Saint- Jean de Jérusalem, dans le cloître duquel il tomba, ne put donner à ses os, battus de la pluie et du vent, l'hospitalité du sépulcre. Tous les deux moururent avant l'achèvement de la victoire, mais saluant la • délivrance prochaine*. D'autre^, tels qu'Arnauld, vicomte de Castelbon, et Bernard V, comte de •. Comminges, rendirent le dernier soupir en plein triomphe ; ce dernier pourtant sous la menace de l'invasion du roi de France. Toute une première génération avait péri dans l'exil, les combats, les massacres. La seconde, dont Roger-Bernard est le héros , eut le bonheur de voir le triomphe , mais pour assister au martyre. Heureux, mille fois heureux ceux qui moururent alors dans ces trente mois qui séparent la croisade de l'invasion

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