Le vie. Ram. Jord. de Saliit^Antonin
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Caverne, qui porte encore le nom de la fameuse pénitente de Magdala, vit la tendre solitaire, entourée de sa colonie de veuves et de vierges, groupées ou isolées dans les antres d'alentour, uniquement occupées de prière, de tissage, de couture, de médecine, d'hygiène pour les blessures du corps et du cœur, et fut toute parfumée de leurs douces vertus mystiques. Sabouche obscure s'ouvre au levant sur la rive droite de l'Aveyron, un sentier serpentant sur la berge abrupte les conduisait jusqu'au lit profond du fleuve *. Son gouffre et les arbustes de ses bords leur fournissaient leur aliment et leur breuvage. Les trente mois de repos qui s'écoulent entre l'expulsion .des Montfort et l'invasion de Louis VIII sont l'âge d'or de cette charmante et sombre Thébaïde, d'où le choeur des hymnes cathares, s'entre-répondant de grotte en grotte, monte depuis le gouffre du Gave jusqu'aux cimes les plus aiguës des donjons dans les nuées, flottant comme l'encens de leurs cantiques dans le ciel. Mais la croisade royale trouble ces grottes : les saints se taisent dans leurs rochers : ils sont gardés par les faidits des bois, et par les sept manoirs qui découpent et barrent l'étroit, tortueux et anfractueux corridor de l'Aveyron. Ces ossuaires antédiluviens dont le sol funèbre recelait à leur insu les débris fossiles de biches, de chevrettes, d'antilopes, leurs gracieux symboles, verront s'éteindre ces douces et nobles hermites du Paraclet. Ne seront-elles pas aussi les restes d'un monde dé-