‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 17 sur 506 · Chron, romane · texte numérisé non relu

Chron, romane

ao INTRODUCTION

capétienne, et qui emportèrent dans la tombe l'illusion d'avoir ressuscité la patrie romane I

Beaucoup ne retrouvèrent pas leurs morts. L'orphelin des Trencabel ne découvrit jamais les os de son père assassiné par Montfort. Les fils d'Impéria cherchèrent vainement les restes infortunés de leur oncle Amériode Laurac, châtelain de Mont^ réal, et les débris des quatre-vingts chevaliers pendus avec lui, comme des larrons, aux gibets de* Lavaur, ni les cendres des quatre cents Cathares brûlés à côté dans un bûcher colossal, et que ne put arracher à la honte et à la flamme la victoire incomplète des comtes de Foix, à Saint-Martin de las Bordas. Leurs cendres avaient été le jouet des vents, et leurs cadavres suppliciés, la pâture des chiens et des vautours. Mais le puits de Lavaur avait fidèlement conservé les os de sa châtelaine, Giralda de Laurac, sœur d'Améric de Montréal. Elle était jeune encore, mère et môme enceinte de nouveau, et matrone pieuse, charitable et chérie de ses vassaux. Jamais homme ne sortit de son. manoir sans avoir été repu, dit un troubadour qui sans doute avait plus d'une fois reçu cette hospitalité patriarcale ^ Son supplice donne la mesure de la valeur religieuse et guerrière de l'héroïne de Lavaur. Montfort la fit jeter toute vive et en travers t dans un puits. Du fond de son humide tombeau, . elle criait, pleurait, se lamentait, l'infortunée! Montfort étoufia ce gémissement sous une avalan/* che de gravois dont il combla la citerne, ce qui

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