Hist. du Lang.y t. V, pr
LiVRB TROISIÈME Hi9
après dix ans de guerres, dans son manoir patriarcal, par son ami le grand comte Roger de Foix, qui trouva la mort ,dans l'escalade de Mirepois. Son vassal lui survécut peu, car ramenant son frère Isarn à Fanjaus, il fut blessé mortellement à l'attaque de ses murailles, d'où il expulsa les croi-^ ses. Pierre-Roger, ramené mourant à Mirepois, y expira dans la foi cathare, consolé par son frère, l'évêque Ramon, et par son fils aîné, diacre, qui avait échangé, tout jeune encore, le baudrier chevaleresque contre le cordon sacerdotal *. Par là, son second fils, Pierre-Roger, devint le chef de la race des Bélissen. Il était hardi, aventureux, téméraire, âpre à la proie, ardent à la bataille, mais d'un tempérament peu mûri par l'idéal chevaleresque et rehgieux. Expulsé de Mirepois, quelques mois après, par le roi de France, le jeune proscrit errait en faidit des bois sur les montagnes du Thabor, d'où il descendait de temps en temps à la cour de Foix,
Arnauld-Roger, chef de la première branche des Bélissen, quoique en réalité laïque, a été parfois considéré comme évoque, tant il exerçait les vertus de l'épiscopat sous la cotte de mailles du chevalier. Foméira de Perelha, sa pieuse mère, l'avait, dès la mamelle, élevé comme un futur champion de l'Église du Paraclet. Elle-même, dans la fleur de l'âge et de la beauté, dans un sentiment exalté de piété mystique, avait quitté son mari, son château,
1. Doat. Ce cordon était le signe symbolique des Ga-* thares revêtus.
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ses grandeurs chevaleresques, pour l'indigence et le veuvage volontaire de l'apostolat albigeois *. Pendant près de vingt ans, elle prêcha d'abord à Mirepois, puis à Lavelanet, enfin à Montségur. Arnaud-Roger, qui avait marié Aladaïs, sa sœur,' à Alzeu de Massabrac, avait épousé Cécilia fille dô Braïda du Peyrat et d'Isarn de Montserver, et les filles, les femmes, les mères de ces familles chevaleresques, formaient une sainte phalange de vierges et de matrones au service du Consolateur*. Les Batailha, seconde branche des Bélissen, for<maient trois rameaux : les Batailha de Mirepois, les Batailha de Ventenac, les Batailha de Gastel- Verdun. Comme les Pierre-Roger, leurs aînés, ils