LIVRE QUATfiliJiK
nom àt Jordan, son aïeul maternel» et les filles eurent sans doute pour marraines, Philippa, comtesse de Foix, Bsolarmonda de Foix, vicomtesse de Gimoez. Fais de Durfort, et Braïda de Montseryat, quatre illustres matrones de l'église du Paraclet. Nous conoluons de ces circonstances domestiques que ces deux princesses de la maison de Foix, et ces deux châtelaines fugitives de leurs manoirs, et maintenant pauvres diaconesses du désert, avaient suivi les évêques et leurs hospices à Montségur; et que Jordan de Lantar, le vieux patriarche de Tindépendance romane; ses quatre fils, Jordan, Ramon, O^aldet Bernard, quatre héros d'épopée; ses trois beanx-6ères, de Marcafaba, de Saverdun et de Palhers ; les douze rameaux des fils de BéUssen de Ifirepois ; les chevaliers de Fanjaus, de Limous et du pays d'Œmès, formèrent comime un clan guerrier à la tête desquels Ramon de Pérelha défendit la forteresse du Paraclet.
Gui. de Montfort, remontant la rive droite du Lectorier, eut d'abord à gravir la chaîne de Serralonga; ses âpres gorges, ses pentes rapides hérissées de vieux chênes et de grands bouleaux étaient propices aux embuscades ; il parvint cependant jus<* qu'à la dme, c'est-à-dire, au pied de la Rpche qui porte Montségur. Il crut sans doute qu'il n'avait qu'à dresser ses engins pour escalader le donjon. Mais il se trouva tout à coup arrêté par un immense rayin naturel creusé au pied d'un roc à pic qui, semblable à une tranchée et à un bastion de géants, lui en défendirent l'abord. Le hameau de Morency, sur la croupe boisée de Serralongue tire vraisem-
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blablement son nom du campement de Bourchard de Montmorenc;^ , beau-frère de Simon de Montfort, qui se posta en vedette, du côté du levant, au niveau même du château, dont il surveillait tous les mouvements, mais qu'il ne menaçait que de la voix et de la lance par-dessus le val profond et l'inabordable escarpement de l'Âbès ^. Gui de Montfort essaya de gravir le passage de Montségur au nord, tandis qu'Ënguerrand de Boves, tournant la montagne, tentait de forcer, au sud, le col de l'Ers. Guillaume, l'archidiacre, l'ingénieur de l'ost, dressa peut-être ses machines pour seconder leurs mouvements. Mais ils furent écrasés par le jet des calabres de Montségur; les chefs catholiques, quoi qu'en dise Pierre de Vaux-Cernay, se hâtèrent de redescendre ; le comte de Foix, qui venait de reprendre sur leurs derrières Mazéres et Saverdun, pouvait les envelopper sur les croupes du Thabor, et d'ailleurs, Simon de Montfort, les rappelait en toute hâte au siège laborieux de Penne d'Agenais*. Plus tard, après le désastre nocturne de Muret, après la reddition volontaire du donjon de Foix, et la soumission effarée de tous les forts pyrénéens, Montfort vint en personne assaillir Montségur. Le géant de la croisade s'efforça d'étreindre convulsivement la forteresse patriotique. Des hauteurs de Serralongue,il lança contre lanoble Rocheses meutes d'hommes et d'engins, ^^^ chattes qX ses cAiennes' et