‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 198 sur 506 · LIVRE QUATRIÊMB d · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÊMB d

son lion dont le ragissement faisait crouler les plus fortes tours. Ramon de Pérelha, Berenger de Lavelanet, Àlzeu de Massabrac, Pons Adhémar de Rodelha, Isam de Fanjaus, Pierre-Roger et Arnauld- Roger de Mirepois, et la maison héroïque de Lan* tar, défendirent TArche sainte de la patrie romane et de la foi cathare. Simon ne fut pas plus triomphant que Gui ; le lion des Montfort redescendit ane seconde fois vaincu des cimes du Thabor. Qaand les évêques se rendirent à Rome pour presser le pape de reconnaître Montfort comme légitime seigneur du Midi entièrement conquis, Montségur protestait inexpugnable dans les nuées. Le comte de Foix l'affirme d'un mot rapide, mais incontesté, devant le concile de Latran. La forteresse albigeoise, dans la ruine générale, demeura donc in- ^olée, et resta jusqu'à la fin comme une oasis inac-

cesâble, une île aérienne d'honnenr et de liberté*. Ainsi Montségur fut le pivot immuable de la réac-

l.La chronique romane. Dom Vaïssette affirme que MontfortpritMonségar. Il se fonde sur les paroles de l'ôvêque de Toaloose aa concile de Latran. Foulques, en eû'et, assure qse Montségur a été rasé et ses habitants brûlés. Mais le comte de Foix réplique aussitôt à l'évoque qu'il existe encore des hérétiques à Montségur (n'y avia de présen). MoDtfort ne brûla donc que les bergers et les cabanes du hameau de TËrs. S'il eût pris le donjon, il n'eut point rasé cette citadelle incomparable qui le rendait maître de tout le I»ys d'Olmés et de la région des Forêts (Saltuum). Plus ^d Simon n'eut pas le temps d'escalader Montségur, assailli lui-même par les deux Ramons, à la tôte des faidits <Je Provence et de Catalogne qui lui arrachèrent coup sur coup Beaucaire et Toulouse, la victoire et la vie.

tion et dé la résurrection romane. Cependant après la catastrophé de Muret, un autre camp de proscrits s'était formé derrière les Pyrénées. Le vieux comte Ramon-Roger avait perdu le comté de Foix, mais Roger-Bernard son fils conservait la vicomte de Gastelbon, du chef de sa femme Ermessende. Brméssende se retira avec son époux dans son manoir natal autour duquel elle réunit les exilés sur les bords de la Noguéra Palharésa. C'est même alors, quand tout semblait perdu, que la vicomtesse, abjura lé catholicisme, ainsi que son père le vicomte Amauld, entre les mains de Guilhabert de Castres qui s'était rendu au milieu des faïdits de Catalogne. Ainsi la délivrance du Midi eut pour héroïnes deux princesses de la maison de Foix, Esclarmonde et Ermessende, l'une et Tautre admirablement converties par Guilhabert de Castres, pour la fondation de ce double refujge pyrénéen. Montségur évidemment servit de modèle à Castelbon. Montségur était un asile sacerdotal, Castelbon un asile laïque et guerrier. Castelbon fut plus nombreux, plus illustre par la conjuration des princes. C'est là qu'au retour de Rome, les comtes de Toulouse et de Foix se rencontrèrent avec les comtes de Commenges, de Gonserans, de Palhars, et les barons exilés. C'est de là qu'ils partirent, à la suite de Ramon VI, et pendant que Roger-Bernard de Foix, à l'avant-garde, conduisait sur Toulouse le camp de Castelbon, le comte Ramon-Roger, son père, descendait à la tôte du camp de Montségur. • La victoire des princes fut celle des évoques qui l'avaient si merveilleusement préparée, et qui Ta-

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