‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 269 sur 506 · Doat, XXII. Dép. de Imbert de Salas · texte numérisé non relu

Doat, XXII. Dép. de Imbert de Salas

6i LES ALBIGEOIS ET L'INQUISITION

des réfugiés du Thabor. Les chefs des faidits formaient sa garde, et les officiers de sa cour. Ramon de Perella était son favori chevaleresque. Nous en concluons que le magnanime comte Roger-Bernard subventionnait la caisse des bannis pyrénéens. Montségur n'avait que des pâturages et des bois et n'élevait que des troupeaux. Mais les chefs des proscrits, les Rabat, les Lordat, les Castelverdun, les Villemur, les Bélissen, les Durfort, possédaient encore, dans le comté de Foix, divers domaines dont ils envoyaient les produits en argent ou en nature à la colonie du Thabor. Chaque chevalier faisait des legs pieux à Téglise du Paraclet. Othon d'Aniort, blessé à la reprise de Vertfeuil, et rapporté mourant à Laurac, légua mille sols toulousains (1223). Pierre Roger de Mirepois expirant d'une blessure à Fanjaus, qu'il venait d'arracher aux croisés, légua une vigne et deux cents sols melgo riens (1223). C'était dans la victoire du Midi *. Après les spoliations du traité de Paris, les proscrits offraient encore les débris de leur fortune et de leurs espérances à leur pays et à leur Christ. Bernard del Congost, qui mourut, quelques mois après ces fôtes, à Montségur, ne peut léguer que cent sous toulousains; et Alzeu de Massabrac, décédé quelques années auparavant à Perella, que cinquante sols toulousains : l'un et l'autre encore avec cette restriction touchante, lorsqu'ils auraient recouvré leur terre ^ ce qui n'arriva jamais, de sorte que leur don funèbre ne parvint point au Paraclet.

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