‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 270 sur 506 · Ibid. Dép. d'Arnauld Roger de Mirepois · texte numérisé non relu

Ibid. Dép. d'Arnauld Roger de Mirepois

UVRB GLHUUIÈME 65

Bertrand Batalha, un Bélissen de Mirepois, expirant exilé à Castelbon, chez le chirurgien Roquier, fit don à son Christ du seul bien qui lui restait, héroïque oblation, ofifrande chevaleresque *. Ou plutôt, il partagea son coursier entre ses deux médecins, le céleste et le terrestre. Arnaud, s'élança sur le palefroi, et repassa les Pyrénées à la suite des exilés d*Espagne ; et le noble animal, portant sur son dos l'Eseulape des guerres libératrices, plus heureux que son premier maître inhumé sur les bords de la Noguéra catalane, put sans doute, après la victoire, rendre son dernier soupir dans ses prairies natales de TErs, autour des sépulcres de Bolbone, dont la forêt ombragera sa tombe *.

L'histoire a ses gloires et ses hontes. Guilhem, Bernard et Ramon d'Arvigna, étaient croyants et les auditeurs assidus de Guillabert de Castres et de son acolyte Ramdn Mercier à Mirepois. Ramon à'Arvigna tomba malade : il appela les diacres à son chevet; croyant mourir, il légua mille sols au Paraclet. Les Amis de Dieu, médecins du corps et de l'âme, opérèrent sa guérison ; le convalescent, dans son ingratitude, se rétracta, retint le legs, et quitta l'église : cette lâcheté était rare, mais elle pèse sur la mémoire de ce riche et avare baron de l'Acarnaguez.

Braïda Peyrona, dame du Peyrat d'Olmès, et veuve dlsarn de Montservat, tomba malade à Limons, oix l'avait recueillie son parent Isarn de

1. Doat, t. XXIL Dép. d'Arnauld-Roger do Mirepois, cousin de Bertrand Batalha^ et beau-frère d'Àlzeu deMassabrac.

Fanjaus. L'évêque, Ramon de Mirepois, ua autre Bélissen, vint consoler la mourante qui légua cent sols au Paraclet. Isarn de Fanjaus et sa femme Baussana furent témoins, et Isarn de Montservat, son fils, se porta garant du legs maternel. Il promit de s'en acquitter envers les diacres albigeois, dès qu'il recouvrerait son alleu du Peyrat, confisqué par Gui de Lévis. Braïda ne mourut pas, mais quatre ans après, Isarn, son fils, expira dans la maison de Guilhem Baudoin de Cuella. Arnauld- Roger de Mirepois, mari de sa sœur Cécilia, accourut inutilement de Montségur, accompagné du médecin Guilhem Former *, qui ne put que consoler le moribond, et fortifier sa jeune veuve Pélégrina du Mas-Saint- Andréo. Pendant qu'ils enterraient le mort, un messager arriva haletant : il annonça qu'en leur absence, Montségur avait été envahi par Manoip de Gaillac, nouveau bayle de Fanjaus, et qu'il avait enlevé Joan Gombiaïré, et trois autres diacres, qu'il emmenait enchaînés k Toulouse. Arnauld-Roger remonte précipitamment à cheval, avec ses compagnons, pour arracher aux archers de l'Inquisition les pauvres Amis de Dieu, et pour porter la triste nouvelle de la -mort d'Isarn à sa mère, veuve de son époux, veuve de son fils. La vieille Braïda, parente de Ramon de Perella, longtemps errante d'asile en asile, s'était anfin fixée à Montségur, où elle vivait auprès de son pieux gendre, Arnauld-Roger, de sa fille Géci-

1. Fornier devait être oousin d'Arn. -Roger, ûls de Fornéria.

Page 1