‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 329 sur 506 · Ibfd. ifartyr. Actn, ch. ii · texte numérisé non relu

Ibfd. ifartyr. Actn, ch. ii

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calmer son ressentiment. « Mon injure, répond le moine subtilement implacable, je l'oublierai volontiers; mais Je ne puis ni ne dois oublier l'injure de l'Église et du pontife romain.» Il dut se laisser pourtant fléchir par l'év(^que, dont l'intervention pacifique assoupit l'orageux frémissement de la cité'. Pelisse et Catala, ou deux de leurs collègues inconnus, ne tardèrent pas à recevoir le ch&timent mérité de leur fanatisme barbare. Le comte Ramon VII, pour réparer les ravages de la croisade, avait fait construire plusieurs cités, et de ceoombre, entre le Tarn et l'Aveyron, une ville favorite qu'il nomma Cordoue, comme on trouve dans les environs Valence et Pampelune, en souvenirdel'Espagne.antique berceau des races ibéro-romanes. Un château, percé de deux portes et flanqué de trois tours, hérissa, de son enceinte crénelée, le sommet d'un monticule de terre conique dont les toits, qui bientôt en dentelèrent les abruptes déclivités, imitaient» aamoyen âge les écailles d'une gigantesque pomme de pin. Eq dehors de la forteresse s'éleva une maison de chasse d'une suprt^me élégance gothique, et toute sculptée de chiens, de faucons, de piqueurs donnant du cor, et poursuivant les cerfs et les sangliers effarés, images en pierre des délassements que le prince espérait trouver dans ces lieux sauvages. D'autres seigneurs albigeois vinrent y grouper leurs demeures féodales, au-dessous desquelles se pressèrent les huttes des faidits expulsés des villes à demi détruites de la Guépie, de Cahuzac et

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du fort Saint-Uarcel, célèbre par sa résistance héroïque. Le comte concéda paternellement à ces victimes de la croisade les libertés les plus étendues, même celle de chasser le gibier de ses forêts. Cordoue était évidemment une arche cathare, un refuge de déshérités, un abri après la tempête. La pensée de son fondateur rayonne sur i'écusson qu'il lui donna : la porte féodale surmontée de ses trois tours, marquée de la croix de Toulouse, avec cette légende : Pro Chritto. Plus tard, le roi de France ajouta : et pro rege, avec son symbole de servitude, la fleur de lys capétienne'.

La jeune Gordoue romane, cinq ans après sa naissance, était déjà tellement forte et guerrière qu'assiégée par Imbert de Beaujeu, elle repoussa le sénéchal français. Mais victorieuse par les armes, elle fut vaincue par les traités, et livrée à la paix de Paris. La reine Blanche qui stipula la destruction ^e la Guépie et d'anciennes cités albigeoises, exigea la conservation de Gordoue, et, pendant dis ans, l'occupation de ses tours par des hommes d'outre-Loire. Le château reçut donc un capitaine français qui tendant la main à l'évoque d'Albi, aux deux Montforts de Lomhers et de Castres, complétait la ligne des campements de la croisade et de la monarchie. Mais au-dessous du donjon royal, la montagne tordait à ses flancs deux ou trois zones circulaires de faubourgs séparés par les spirales crénelées de leurs fortifications oCi pullulait une population d'anciens faidits des bois. La colo-

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