‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 421 sur 506 · Doat, XXII. Dèp. de Ramant PêreUa · texte numérisé non relu

Doat, XXII. Dèp. de Ramant PêreUa

iâô LES ALBIGEOIS ET L'INQUISITION

était mort depuis près d'un quart de siècle ; mais son nom était resté dans tous les esprits; son afifreuse image apparaissait dans toutes les dévastations ; son horrible fantôme rôdait encore rugissant autour des bois et des rochers deMontségur^ Les défenseurs de la forteresse nationale virent bientôt du haut de leurs créneaux paraître Tost du comte de Toulouse, montant par le chemin de Lavelanet. Us ne lui en disputèrent pas les abords? ils ne le combattirent pas, ni sur les pentes boisées de Serrelongue, ni dans les rochers des villages mauresques. Ces archers étaient leurs frères de cœur, et le comte était leur suzerain non moins chéri qu'infortuné. Ils le laissèrent donc s'établir sur la cime appelée l'Aire de V Espagnol^ soit que Test filt commandé par Ramon d' Alfaro, chevalier ara* gonais, soit que le parti méridional, de race ibère et protégé par le roi d'Aragon, fût en dérision traité d'espagnol par les conquérants qui ne pouvaient dénicher cet aigle de son aire. Mais si l'origine de cette dénomination est incertaine, aucun doute n'existe sur le lieu du campement, car il porte encore de nos jours le nom de Campiê. Les tentes des assiégeants étaient presque au niveau et à moins d'une demi-»lieue des assiégés, à vol d'oiseau. Les deux ost pouvaient, à travers le val profond, se parler du geste, si ce n'est de la voix, du sein des nuées. Ils occupaient les positions de ces géants qui, d'après la tradition fabuleuse, taillaient les pierres et les jetaient aux puissants eonstructeurs

i. Ihid.^ XXXI V. Dép. de Bérenger de Lavelanet.

Page 1