LIVRE HUITIÈME
de Montségur. Puis le capitoul qui commandait Tarmée toulousaine resserra comme un filet les populations des alentours au pied des montagnes et au col des vallons, pour bloquer la forteresse albigeoise. Cette première expédition fut effectivement plutôt un blocus qu'un siège, un blocus même peu rigoureux. Le comte, l'armée, les populations, tout était sympathique. Les évêques, les chevaliers, les pèlerins, les marchands, les pâtres ^allaient et venaient à travers les postes. La nuit, les chefs ennemis venaient même entendre l'Évangile ou recevoir le baiser de paix sur la montagne sainte. Il est notamment question d'un arbalétrier nommé Ramon Matfred de Saint-Michel, probablement de Fanjaus et parent de quelque ministre cathare, que Pierre- Roger de Mirepois, accompagné de Pierre Rog (Rouch) son écuyer, alla chercher, ù la lueur d'une torche, devant la barbacane du château, et qu'il introduisit à la prédication de l'évêque Bertran d'En Marti ^ Néanmoins, il y eut des défis, des attaques, des combats; mais ces combats, parleur bruit peu meurtrier, ne servirent qu'à détourner les soupçons de la ligue que le comte de Toulouse ourdissait en silence avec les princes du Midi et les monarques de l'Occident.
Ramon VU avait à cœur trois projets : reconquérir sa terre, perpétuer sa race, donner à son père un tombeau. Dans son dernier voyage à Paris, il avait sans doute vu sa fille Joana, princesse inepte, ingrate, et toute française. Elle lui était devenue