‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 466 sur 506 · Pierre Vigaola de Balaguer · texte numérisé non relu

Pierre Vigaola de Balaguer

Toutefois le départ du sénéchal et des chefs catholiques pour le concile de Narbonne, joint aux rigueurs inévitables de la saison, dut amener quelque relâche dans la lutte, et permit sans doute aux Consolateurs de fêter paisiblement, selon leur coutume, la naissance du Christ, sur ce sommet pyrénéen, son autel et leur sépulcre.

Cependant l'Aquitaine, la Provence, l'Espagne, ritalie, le monde cathare, tenait, dans une anxiété palpitante, les yeux fixés sur Montségur. Le l*' janvier (1 244) un messager, Joan Rog (Jean Rouch) de Saint-Paul-sur-l'Agout, pénétra, malgré les postes ennemis, jusqu'au château. Il venait voir son frère Pierre, écuyer de Pierre-Roger de Mirepois. Il revenait d'Italie, et portait des lettres de l'évêque johannite de Crémone. Grâce à la protection de l'empereur Frédéric II, l'église lombarde était tranquille, mais elle s'inquiétait du sort de Montségur. Elle priait l'évêque Bertran d'En Marti d'envoyer deux frères affidés pour l'instruire avec certitude de la situation de la forteresse albigeoise '• D'autres messagers étaient venus précédemment. Ils disaient : le comte de Toulouse arrive à votre secours. Tenez seulement jusqu'à Noël. Noël était passé. D'autres encore ajoutaient : Tenez jusqu'à Pâques, vous recevrez un puissant renfort de PÊmpereur. Cette aide, tant de fois annoncée, était-elle une réalité, ou seulement une pieuse illusion, un désir fervent, destiné à relever le cœur défaillant de Montségur? Nous l'ignorons : mais la cheva-

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