‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 47 sur 506 · Hist. du Lang., t. V, pr · texte numérisé non relu

Hist. du Lang., t. V, pr

le langage le plus magnanime :« Nous jurons, dit-il, au comte, de vous défendre contre la croisade et le roi de France, et de repousser Tabsolution du pape*. Castel-Sarrazin poussa probablement aussi son ancien cri tragique : nous mangerions plutôt nos enfants. L'élément léoniste palpite dans ces consuls. Le comte accrut leurs libertés. Il donna à Avignon le comtat Yenaissin, les châteaux de Beaucaire et de Malausséna , et une autre terre extra-rhodane. La charte d'Agen est en belle langue romane ; celle d'Avignon est en latin, et datée de Viridario, ante cameram pictam tXaris episcopalis ^ ce qui prouve que le Capitole d'Avignon s'appelait le verger, et que l'évêque n'était ni sur son siège, ni dans sa chambre peinte, ni probablement dans la généreuse cité, mais auprès du roi de France *. (Kal. Junii 1226.) Avignon prouvera tout à l'heure sa fidélité et sa reconnaissance héroïque. C est alors aussi que pour s'attacher encore plus le comte de Foix, le vainqueur de Montfort, qui seul pouvait triompher du roi Louis, Ramon VII lui fit don, sous l'unique réserve de l'hommage, du vaste fief de Saint-Félix comprenant une quinzaine de châteaux et .de villages du Lauragais. Roger-Bernard apparaissait comme le futur libérateur, le sauveur une seconde fois delà patrie et l'invincible chevalier et paladin du Paraclet.

Au milieu de ces espérances et de ces terreurs, chef patriotique du Midi, le comte de Foix attendit le roi de France. Louis atout obtenu du saintsiége.

i. But, duLang,, t. V, preuve 130.

2. Pr. 130, pr. 129. Du Verger, devant la chambre peinte du siège épiscopal.

n LES ALBIGEOIS ET L'INQUISITION

Il est Tunique chef de Texpédition et l'héritier unique des conquêtes de Montfort et des spoliations de la croisade. Pourquoi donc diffère-t-il toujours son départ T Tremble-t-il de dépouiller le comte, son cousin ? Frémit-il des sinistres augures paternels ? Recule-t-il devant les prédictions d'un astrologue qui déclare que le roi ne reviendra pas vivant de r Albigeois. On ne sait, mais ce conquérant est plein de frayeurs secrètes. Il exige du légat la promesse formelle qu'en prenant la croix il ne sera pas lié par ce signe, ni contraint de rester dans le Midi qu'autant qu'il lui plaira, ni d'y retourner une seconde fois, après son retour, sans scrupule de conscience à l'égard de l'église et de Dieu*. Le légat lui accorde tout. Poussé par Romain de Saint- Ange et par Blanche de Castille, le roi quitte enfin Paris. Après deux ans de délais et de préparatifs, il s'ébranle à la tête du baronnage du Nord. 11 est suivi du légat, et des anciens chefs de la croisade qu'il doit rétablir dans leur conquête perdue. Bourges est le rendez-vous de l'ost de France. Il s'y trouve 50,000 chevaliers, et plus de 50,000 fantassins, armée immense pour ce temps. Et pourquoi ce prodigieux armement? Est-ce pour dompter l'Afrique, et subjuguer l'Orient? Non, c'est pour usurper la vicomte de Carcassonne; dépouiller un jeune prince innocent et orphelin ; écraser un peuple livré au dehors, trahi au dedans : une race brisée, morcelée, épuisée de sang par les victoires de sa liberté. De Bourges l'ost, enfin complété, se remit

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