Imbert de Salas (14 juin IdU
36i LBS ALBIGBOIS ET L'INOUISITION
rinthes, par la conversion de Loap de Foix, par le séjour d'un évoque, et bientôt plus encore par ses martyrs. Sa bouche s'ouvre béante, à mi-hauteur de la montagne, au-dessus d'un vaste écroulement de rochers dont les blocs énormes ont rebondi jusque dans le lit écumant de l'Ariége, à l'endroit où ses eaux limpides et glacées reçoivent les sources fumantes d'Ussat. Elle porte aujourd'hui le nom de Lombrive, et dépendait alors de Castelverdun. Ainsi les seigneurs du Sabartez dont tout à l'heure nous racontions la tentative héroïque et malheureuse sur Montségur, avaient sous leur garde le trésor sacré du Paraclet. Une autre portion pourtant, moins considérable sans doute, restait encore enfouie, dans nne caverne voisine, sous les forêts de Serrelongue '.
Le siège de Montségur durait depuis trois ans par le comte de Toulouse, depuis six mois par le sénéchal de Carcassonne. Tous les efforts de Borne et de la France n'avaient pu enlever de ses rochers ce nid d'aigles pyrénéens et decolombes johannites. Cent chevaliers avaient tenu tête k dix mille agresseurs : après six mois d'escalade, la terrible Gutté (chatte) abordait enfin le donjon : elle étreignait la forteresse ; elle lançait ses crampons, et tâchait d'accrocher ses ponts aériens. Hélas! tout avait trahi les défenseurs patriotes : l'empereur d'Allemagne, le roi d'Aragon, le comte de Toulouse, le comte de Foli, l'hivermême : hommes et éléments, tout les délaissait. La montagne seule était fidèle, l'abîme qui