‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 481 sur 506 · UVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

UVRE NEUVIÈME

donna de vivre, et lui adjoignit Ugo, Peytavi, et nn autre parfait dont le nom s'est dérobé à sa gloire. Ils durent se résigner, et après avoir reçu la bénédiction des évoques et le baiser de paix de leurs frères, ils s'éloignèrent pour exécuter leur message, et disparurent dans la nuit. Que devinrent-ils? Selon les uns, Pierre-Roger les fit cacher dans un souterrain d'od ils ne sortirent qu'après le trépas de leurs amis et Téloignement des troupes du sénéchal. Mais selon d'autres, et plus vraisemblablement, le chef fixa solidement un câble au mur oriental du château et en lança l'immense rouleau dans l'espace ténébreux ^ Les hardis albigeois s'aventurèrent dans l'effroyable précipice, et suspendus à ces cordes flottantes dans le vide obscur, glissant de nœuds en nœuds le long du roc vertical et nu, descendirent ainsi l'un après l 'autre au fond du val, nommé TAbès. Ils se cachèrent dans la forêt, tirèrent le trésor de sa grotte, et la nuit suivante, il» se dirigèrent par le Savartez vers le château de So voisin de Quérigut, où ils racontèrent à Esclarmonde de Foix, leur pieuse protectrice, les derniers combats et les derniers soupirs des défenseurs de Montségur.

Les heures s'écoulèrent pendant ces tristes apprêts , ces longs embrassements, ces suprêmes adieux. S'entretenant de Dieu et du ciel où ils avaient l'espoir de se retrouver tous après cette cruelle épreuve, ils attendirent l'aurore, la captivité et la mort. Quand le soleil se leva sur les monts lointains de

1. Guilh. Bonan de Lavelanet (6 des nones de mai 12i4). Il S4

Belestar, l'évêque de Toulouse donna la suprême bénédiction à ces chevaliers, ces servants d'armes, ces serviteurs, ces femmes, ces enfants prosternés à ses pieds, dans leurs sanglots, puis, quand ils se relevèrent consolés, il fit ouvrir les portes, et se remit avec son peuple aux vainqueurs. Le sénéchal, 1-archevêque de Narbonne et Tévôque d'Albi firent, à mesure qu'ils sortaient, le triage pour la mort ou les fers. Ramon de Perelha, Berenger de Lavelanet, Arnauld-Roger de Mirepois, les chevaliers de Rabat et d'Elcongost, tous ceux qui n'étaient que croyants furent enchaînés et remis en garde aux Français. Les évoques, les diacres, les parfaits furent conduits au bûcher. Une sculpture du moyen âge représentant, à ce que Ton croit, la prise de Montségur, montre, au-devant de la forteresse dont le pic abat déjà les créneaux, un évêque la mitre en tête, et la corde au col entre deux soldats qui le mènent à la mort^ . Ce pontife cathare est Bertran d'En Marti, cinquième patriarche de Toulouse. Après lui marchaient Agulher, évêque de Termenois et son collègue San t-Marti ; puis les diacres, sous-diacres et parfaits Glamens, Sirvent, Roland, Taparel, Limos, Peyrés, Araus, Domingo, P. Robert, Ramon de Marcillan, Brasilhac de Caillabel, Ramon de Belvis, Arnaud Domerc, Joan Rog, Arnauld Teuli, Ramon de Tornaboïs, Guiihem d'Arnier, Ouilhem del Pech, Pons et Guiihem de Narbonne.

Parmi c«s captifs, dont les noms ne sont pas tous venus jusqu'à nous, il en est un qu'un singulier

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