‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 487 sur 506 · La montagne n'offre plus aucun vestige des Amis de Dieu · texte numérisé non relu

La montagne n'offre plus aucun vestige des Amis de Dieu

village, au bord de l'Ers. Là reposaient les dépouilles des proscrits qui n'étaient pas tombés dans les batailles ; le vieux Jordan de Lantar, Gui du Maft-Saint-Andréo , Ferrand V Arménien^ et sa femme Dona Turca, la prédicatrice de Fanjaus. Les cellules funéraires de la Roche durent recevoir les restes des princes et des évéques. Là, sommeillaient les patriarches Gaucelm et Guillabert, Phi* lippa, comtesse de Foix, et la grande vicomtesse de Gimoez, Esdarmonde. Pendant le siège, on inhumait sur la montagne, sous la forêt aérienne. Là dormaient après leurs combats, Guilhem, Jordan et Jordanet du Mas, Bernard de Carcassonne^ Guilhem de l'Ile, Bertran de Bardenac, et toute la phalange héroïque des défenseurs de Montségur. On les expulsa de leurs tombes de granit. Quelquesuns, tels que Sicard de Belpech, Astruc, Ferrier, tombés dans les derniers chocs, n'eurent pas le temps de s'accoutumer à leur sépulcre. Réveillés sur leur premier sommeil, ces morts se levèrent en hâte, heureux de confesser une seconde fois leur Christ, et de le glorifier dans le feu comme dans le sang ^

Après l'holocauste des vivants sur l'Abès, il y eut donc probablement encore dans le val du hameau et sur la roche du donjoix un double holocauste des morts. On n'aura certainement pas fait une exception unique pour les proscrits de Montségur. Toutefois, comme Les Amis de Dieu, malgré leur

1 . Les morts du pi emier exil ont dû ôtre brûlés quand Simon de Montfort détruisit le village de Montségur (iâiS)*.

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