‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 230 sur 323 · Manuscrits de Paris · texte numérisé non relu

Manuscrits de Paris

d'Aquitaine d'arrêter Délicios et de l'envoyer à Rome. Bernard revenait de Limous quand il apprit l'ordre pontifical. Il ne fuit pas; il monte en chaire, fait ses adieux au peuple de Carcassonne et se recommande aux prières des fidèles, devant être conduit à Rome. Les alguazils, craignant le peuple irrité et attendri de ses adieux, n'osèrent l'arrêter; mais, quelques jours plus tard, Rigaud, vicaire du provincial, vint pour le saisir dans sa cellule. Bernard repoussa l'attaque du dominicain, qui le somma de venir en cour de Rome, et, sur son refus, l'excommunia. La mort du pape délivra Délicios (6 juillet 1304). Bernard remonte en chaire et livre aux bouffonneries vengeresses de l'Albigeois le nom de ce pontife mort d'un excès de gueule. Boniface VIII, disait le peuple, est mort comme un chien : Benoit XI a fini comme un pourceau. Espérons mieux de son successeur I s'écriait le tribun franciscain.

Bernard et Patris résolurent de tenter un hardi coup de main contre le roi. Le roi Louis VIII avait fondé un oHt perpétuel en l'honneur de Simon de Montfort. Le 25 juin, anniversaire de sa mort, les prêtres, les moines, les descendants des croisés venaient processionnellement assister, dans la basilique de Saint-Nazaire, à une messe chantée pour le repos de l'âme du chef et du martyr de la conquête. Pendant ce sacrifice et ce chant funèbre, les patriotes murmuraient sourdement la strophe vengeresse de la mort du Loup. Viva Tolosa^ IPaXris et Bernard

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