‹ Histoire des albigeoisChapitre 102 sur 442 · M. le pasteur Belluc de Rcalmont · texte numérisé non relu

M. le pasteur Belluc de Rcalmont

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tesse de Toulouse ; RamonTrencabel, comte de Carcassonne et vicomte d'Albi; Sicard, vicomte de L#autrec, et Isarn de Dorna, et une foule innombrable de chevaliers, et de bourgeois, et de peuple avide d'assister au synode. L'assemblée eut donc lieu dans le château, seul digne d'héberger tant d'illustres hôtes, et Tautel d'Ilhumber était> il semble, le sodé naturel de la chaire du Paradet.

Sous la hante dignité dn primat de Septimanie» Vévèqae d'Albi présidait, comme diocésain. Mais, prélat belliqnenz, il Tonlnt descendre parmi les tenants du tournoi. Les champions désignés furent donc les évêques d'Albi et de Lodève, les abbés de Castres, de Gandeil et d'Ardorel, et un prêtre nommé Arnauld de Bebens. Les Bonshommes furent appelés ; leur chef se nommait Olivier. C'est un nom cheiraleresque; eependant, on assure que ces hérétiques n'étaient que de simples villageois ^

An nom de l'évéque d'Albi, l'évéqne de Lodéve, son délégnéy commence Finterrogatoire* Il leur demande s'ils admettaient TAnden Testament. Ils répondirent qu'ils n'acceptaient qne le Nouveau. « Exposez votre foi. — Nous ne le ferons que contraints. » L'évêque alors les interrogea sur les sacrements. Sur le baptême des enfants, ils refusèrent de s'expliquer, s*en référant à l'Evangile. Sur V Eucharistie^ ils dirent que celui qui communiait dignement était saové et qne tout homme de bien, clerc on lalqoe, pouvait consacrer le pain et le vin. Sur le mariage^ ils affirmèrent qne l'acte conjagal était un

\, Dom Vainetta V*

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remdde à la fornication, comme le pense saint Paul.

Sur la confession^ ils déclarèrent qu'on pouvait se coufesser au prêtre on au laïque indiiréremment, comme renseigne saint Jacques. *V?/r les jeînics, macérations et ofl'rondes, ils répondirent qu'ils ne voulaient pas être meilleurs que cet apôtre ni rien ajouter à ses paroles, comme faisaient les évôques. — Alors, abandonnant leur tactique de réticence et de dénégation, ils se déchaînèrent contre l'ordre sacerdotal. < Saint Panl, dirent-ils, a défini les devoirs des prêtres et des évôques; s'ils ne sont point tels, ils ne sont ni des évôqaes ni des prêtres, mais des loups ravissants; hypocrites et séducteurs, qui aiment les salutations, recherchent les premières places, se font • appeler docteurs et maîtres, portent des robes blanches et des anneaux d'or; on ne doit point obéir à ces mercenaires, tout pareils aux prêtres juifs qui crucifièrent Jésus-Christ, »

L'archevêque de Narbonne, l'évêque de Nîmes et les abbés de Gendras et de Fontfrède réfutèrent cette objurgation contre le pharisalSme romain. Après ces réfutations, on fit silence, et l'évêque de Lodève

prononça l'arrêt : « Moi, Gaucelin, évôque de Lodève, par ordre <le révéïpie d'Albi et de ses assesseurs, je juge que ces prétendus iJonshommes sont hérétiques. Je condamne, quelque part qu'ils soient, la secte d'Olivier et de ses compagnons les hérétiques de Lombers. » Puis, article par article, il motiva longuement son arrêt, corroborant par rÉoritureson -anathème.

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Les Bonshommes se récrièrent. « G*est vous, dirent-ils, qui êtes un hérétique., un hypocrite et un faux pasteoTy et nous le prouverons par PËvangile et les épttres. — Ma sentence est juridique» reprit l'évéque ; je suis prêt ft la soutenir à la cour du pape Alexandre, de Louis, roi de France» de Ramon, comte de Toulouse, et de Trencabel, vicomte d'Albi.

— Ecoutez, gens de bien, dit Olivier se tournanl vers le peuple, voici notre profession do foi. » Et il parla sur les articles contestés comme les catholiques. « Eh bien, dit l'évéque, faites-en le serment.

— Non, répond it Olivier, le serment est défendu par r Evangile. » L evêque leur prouva le contraire par TEcriture. « D'ailleurs, nous en avons été di^ pensés par Tévéque d*Albi, » s'écrièrent les Bonshommes. Ce prélat les démentit» confirma la sentence et défendit aux chevaliers de Lomhers de protéger les sectaires. La sentence fut souscrite encore par les commissaires, les abbés de Castres, de Gandeil et d'Ardorel; puis par l archevèque de Narbonne, les évéqiies, les autres grands cénobites et toute la cléricature; eutin par Constance, Trencabei, I^autrec et par tout le haronnage méridional ^

Tel fut, d'aprôs les chroniqueurs contemporains» le concile de Lombers. On est encore à se demander pourquoi les Bonshommes 7 vinrent» puisqu'ils voulaient garder le silence? Et puisqu'ils parlèrent enfin

dans un sens catbolique, pourquoi furent-ils condamnés? Le refus du serment ne juâtiâe pas Tana-

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thème qui, derrière ces villageois» pouvait aller rebondir sur le Christ. Ëyidemment quelque mystère se cache sous les réticences et les contradictions du tabellion ôpiscopal. Olivier me parait être un baron ; son nom se retrouve hMditaIrement dans la maison de Penne; il pouvait bien être de cette grande race chevaleresque de TAveyron. Ses montagnards eurent une contenance superbe devant ces princes de la terre, de TÉglise et du cloître. Us se raoutrèrent doctes, agressifs, guerroyants, plus qu'il n'appartient à des serfs de ce siècle. Ils devaient être des vassaux des Bouches-de-Lonp, barons qui portaient sur leur âeu le mufle de cet animal ; ils en avaient l'éloquence fauve, et la dent tranchante Évidemment ils ne se montrèrent si hardis que parce qu'ils sentaient derrière eux les épées sympathiques des seigneurs de Lombers, de Lautrec, d'Arifat, de Rochemaure, de Montredon. Ces épées frémissantes inspirèrent l'audace aux Bonshommes et la prudence auxévêques. Les prélats respectèrent le sauf-conduit, et les sectaires, au lieu de monter sur le bûcher, rentrèrent paisiblement dans leurs forêts.

Qu'étaient-ils donc ces théologiens des bois? Des chrétiens bibliques. Ils voulaient res^mbler aux apôtres. Ils remontaient au type immortel du Christ . C'est pour cela qu'ils combattaient l'Église romaine. Leurs juges les appelaient henriciens. Ils pouvaient être en effet des disciples de Pierre de Brueix, ou des compagnons et des précurseurs de Valdo. Vingt

1 • Oi liipit bnec» lapi, bonoh» ou mnCfU de loup.

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ans anpàniTant, aaint Bernard avait trouvé le aym*

bole pétrobrusien gravé sur des tables de marbre à Albi. Mais le nom de Bonshommes, le rejet de l'Ancien Testament, et une teinte de mysticité orientale les ont fait soupçonner d'être mariîc/i^erw. Peut-être n'avaient-ils qu'un mélange encore mal débrouillé de catharisme et de léonisme, et marquaient-ils la transition du paulinisme délaissé pour le jobannisme triomphant. L'albigisme passe de saint Paal à saint Jean, qni loi donnera sa forme historique et saprême. Qooi qu'il en soit, le concile est inexact sur leur doo* trine, incorrect sur leur morale; on s'est également trompé sur le lieu, sur la date du synode. Nous verrons que Olivier et les Bonshommes de Lombers n'étaient proprement ni des ariens, ni des manichéens, mais des pétrobrusiens en voie de transformation origéniste et devenant le grand rameau occidental de l'antique Église alexandrine du Paraclet ^

I. Xjsbbé. — Boisaet. — Fleorj. ^ Labbe la trompe mr la seete, BoMoat toe le lieu, Flearjr anr Tépoque.

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