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PRltLlMINÀlRBS.
pr«^nnpnt place à côté de leurs frères, îes paladins de l'Esprit, les clu'valiers du Consolateur. Qui connaît le comte Raraon-Roger de Foix, le Roland cathare? et ses deux âls, Roger Bernard, dit le Grand, et Loup, le Taillant et 1»> pieux? Ces trois guerriers ont pourtant reçu, sans fléchir, sur le tranchant de leur épée, le choc da cent croisades, exterminé un million de barbares. Guilhem de Nogaret est célèbre; mais qni connaît Gui de Cap de Porc, le grand légiste, rayocat chevaleresque de la patrie roman** devant les conciles, et Bernard Délicios, le dernier orateur, con-solateur de l'infortune aljjigeoise? ElNicétas, et Gaucélis, et Guilhabort de Castres? Et Ramon de Peyrela, et Pit rre-Koger de Mirepoix, et I^crtran de la Baccalaria ? Et les deux asiles patriotiques de Montségur et de Castelbon ? Et les longs siècles obscurs et silencieux du martyre I On connaît à peu près la Croisade, on ne soupçonne qu'à d^-mi la Genèse, on ignore obsolument le Martyrologe^. St leurs tronçons disloqués sont pour la première fois fondus dans la masse parfaitement compacte d'une vaste, multiple et indissoluble narration historique*
Cette histoire, en efiet, renferme, diiitiactâ et coufondus, trois vastes récits :
Une Genèse, Une Iliade,
Un Martj^fuiuge.
1« Le martyrologe a été publié et forme la Moonde partie d« PAutoiri d$ê Albtgtots,
XVIII PRÉLIHINAIRBS
Dans la Genèse, je dirai les origines de la race, de la doctrine et de la guerre; la renaissance poétique, la réformation religieuse, la civilisation chevaleresque ; les cours d*amour, les synodes hérétiques, les conciles .catholiques, les controverses catholico-albigéîstes ; et cette lutte, toujours vaincue, toujours renaissante, de la jeune Aiiuitaine, fille de la république romaine, contre Rome théocratique, héritière du despotisme impérial et d'un césarîsme olympien.
Dans riUade, je raconterai les héros et les rois, les
paladins de TA^uitaine, les barons des châteaux, les consuls des cités, les peuples des bourcrs, les pâtres des déserts ; les guerriers armés pour la défense de la patrie et de l'esprit humain, et les fanfares des troubadours, clairons retentissants de la guerre sainte. Rome déchaînant la croisade ; ses hordes de truands ameutées par les évêques ; Tost immense de la croix commandé par un légat du Vatican. L'invasion victorieuse pendant sept ans ; la prise de Toulouse et la conquête des États pyrénéens ; l'usurpation sanctionnée par le quatrième concile de Latran. Rome distribuant sa proie à ses limier». Montségur et Castelbon, les deux seuls repaires inviolés du lion ibère. Retour des princes exilés, soulèvement des peuples, reprise pied à pied, et pendant sept ans encore, du soi aquitain;* la patrie romane enfin reconquise, mais épuisée de sang par quinze ans* de guerre, frappée mortellement au cœur, et tombant, couronnée