‹ Histoire des albigeoisChapitre 116 sur 442 · BaynouMfd. Vilkmain · texte numérisé non relu

BaynouMfd. Vilkmain

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moyen âge, car qnel antre paganisme pouvait-il rencontrer dans le Périgord ? Ce pamphet dostinéau peuple est, en même temps qu'une déclaration de guêtre, un symbole doctrinal, par lequel le disciple de Pons adhère à l'église de Nicétas. Abjurer le latin pour le roman , la langue cléricale pour l'idiome populaire, c*étaît alors aljnrer la foi romaine pour la foi cathare, et la cause nationale hostile à Borne,

Mais d'Aniel fut entraîné dans l'albigi^^nie par un docteur bien plus persuasif que Pons, Vbéré^iarqne de la Dordogne. Il le trouva à cette fontaine où Pierre Vidal avait rencontré l'amour, et c'était le môme chevalier, alors troubadour, aujourd'hui théologien. Amauld était venu à Toulouse, à la cour deRamonV; il B*énamoura de dona Bonavillarîa. beauté célèbre de Gascogne, femme de Guilhem de Bonvîllnr. Or nous savons que Guilhem et Guilhabert de Bonvillar étaient deux membres du synode de Caraman, deux auxiliaires de Nicétas. Amauld donc était, avec la dame de son cœur et de ses mélodies, de la suite do ce patriarche frrec. Bonavillaria réunissait sur son front denx auréoles, le nimbe de piété mystique et le rayon de poésie sentimentale. Nous savons que sa vertu était sans tache, et le poète lui-môme a soin de nous avertir mélancoliquement que son cœur est un fUf sans redewmcêy un franc alleu du pur amour. Cette châtelaine était une acolyte d'Esclarmonde de Poix, vicomtesse de Gimoez, 'présidente de la cour d'amour célèbre de Sélio, et plus tard archidiaconesse des cathares pyré-

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néens. Le grand maître d'amour compléta Tempereor d'amour et la papesse d'amour. Ramon Esdarmonde et d'Aniel» formaient le faisceao suprême de ce monde d'amoor*.

Les troubadours sai^rent lenr grand maître; toutefois il faut en eonTcnir, le johannisme était trop épnré ponr ces légers ménestrels; il ne leur fallait qu'un catharisme mitigé, une mysticité de cour d'amour, une perfection compatible avec leurs fêtes chevaleresques. Pour plusieurs ce fut un albigisme de libre croyant, d'indépendance du citoyen, d'opposition nationale à Rome. En général ils se tenaient dans la ligne politique et religieuse de Ramon V. D'Aniel fat le Nicôtas de cet albigisme poétique et mondain. C'est une grande gloire ponr le Périgord d'avoir en pour maître de son école poétique Arnanld d'Âniely qui le devint de tons les Pâmasses aqni* tains, et ponr élèves Bertran de Bom et Richard Cœur de Lion; Bertran le tribun, libérateur des peuples romans, et Richard qui semblait devoir être range exterminateur des Croisades de France et de Home. Un regard mystifjue de Bonavillaria faillit changer ravenir da monde.

Richard avait à peine dix ans; Bertran n'en avait pas vingt; ils ne virent probablement pas Nicétas. Mais l'épiscope bulgare put parfaitement rencontrer le docte d'Aniel et l'héroïque Marcabrus ches leurs patrons, les Bonvillars. Quoiqu'il en soit, Nicétas fit trois grandes choses au synode de Caraman. 11

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