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CHAPITRE VUl

Henri éréqne d'Albano. — Sa croisade contre Us Albigeois. — Cécile «t Esclarmonde de Fois. — Ravages da Midi. — Déposition de Pons d'Arsae, archevâqae de Narbonne.

Le concile de Latran avait, nous Tayons tq, confirmé l'anathème de la conférence de Toulouse

(1179). Pons d'Arsac, archevêque de Narbonne, et les évôques Ramon, d'Uzôs; Joan, de Maguelonne ; Bernard, de Béziers ; et Othon, de Garcassonne, apportèrent l'anathème conciliaire et pontifical.

IjO primat de Septimanie fulmina ce dernier canon contre les cathares et contre leurs protecteurs, les Gottereanzy Brabançons et Âragonais, bandes de montagnards pyrénéens, prétoriens d'un catharisme sauvage. Le chef de ces montagnards, et le protecteur des Albigeois était Roger Talhafer, vicomte de

1. D. Vaissetti, IV, 280. - Brabançons da basque iiafra«ib4a, bergers, Gotteretiiz, iloiiimoa de montagnes.

Carcassonne. alors ligué avec le roi d'Aragon, contre son bean-père, le comte de Toulouse, qui venait de mollir devant le prélat romain. Il excommunia Talhafer et le chef des Aragonais, le comte de Tarasona. Ainsi, des deux côtés frémissait comme ud préliminaire de croisade.

La mission da cardinal de Saibt-Ghrjsogone n'avait servi de rien, et le progrès de Talbigisme ne fat point SQppendn par les foudres de Latran. On jeta les yeux, pour Tarrêter, sur le fougueux abbé (le Clairvaux. L'évêque étant mort, on lui offrit le siège de Toulouse. Il refusa ; ce n'était point modestie, mais ambition ; il voulait se rapprocher de Rome. Peut-être aspirait-il au souverain j)onlifieat. S'il y fut monté, on eut vu trente ans auparavant la croisade des Albigeois et le règne majestueux et tragique d'innocent 111. Député au concile, Henri fut nommé évéqned'Albano et premier cardinal. C'est sons ce nom et ce titre noarean qu'il va reprendre son expédition contre Talbigisme (1181).

Lors de la mission dn cardinal de Saint-Ghrysogone, il se vantait d'avoir arrêté la victoire dn catha-

risme. « Si nous eussions différé trois ans, disait- il, à peine aurait-on trouvé quelqu'un qui eut invoqué le nom de Jésus-Christ. * Il était venu, trois ans s'étaient écoulés, et l'hérésie marchait de plus en plus le front levé. Alors il résolut une expédition de guerre contre Toulouse. Le belliqueux prélat se lit devancer par une proclamation où le faux et le vrai sont étrangement mêlés. 11 calomniait ses victimes

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avant de les égorger. « Les sectaires, disait-il, ne croient pas que Jésus-Christ ait été homme, qu'il ait véritablement bu et mancré, qu'il ait soutfert sur la croix, qu'il soit descendu au tombeau. Sa vie, racontée par les évangélistes, n'était qu^appa rente et fantastiqne. Ils rejettent le sacrifice de la messe, le baptôme des enfants, le mariage, les sacrements et les offices catholiques. Ils croient que Laoifer est le créatenr do ciel et de la terre, des bons et des manyais anges, des choses visibles, et invisibles, qu'il était Dieu et que c'est lui qui avait donné la loi à Moïse. — Us prêchent que Tanion des deux sexes, soit entre parents ou étrangers, était également criminelle. — Ils ajoutent que leurs femmes, devenues . grosses, font périr ieur fruit. » Il terminait par cette histoire : Vierna, femme de Sicard de Bonïsse, de Graoulhet, séduite par les sectaires, avait quitté son mari pour les suivre et, sons prétexte de mener une yie plus parfaite, elle avait commis, avec les plus religieux, d'horribles infamies^. Le cardinal diffamait ses victimes pour justifier ses incendies et ses massacres. De toutes ses affirmations, il ne reste d'incontestable que la nature éthérée du Christ.

Albano prêcha sa croisade dans les montagnes d'Auvergne et les foiôls du Limousin, et, à la tête d*ane tourb3 barbare, il marcha contre le vicomte Talhafer. 11 vint camper à Lescure, château pontifical, aux portes d' Al bi ; Castres demandant la paix, Talhafer ne défendit pas leurs murailles. Mais la

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