Rajn. P. Vi4«l
Digiti/oa by Cookie
HUTOIRI DBS ALBI6B0I8 m
C'est le secret de la conjuration qui échappe au loquace chanteur.
Ramon VI^ déjà beaa*frôre da roi d'Angleterre, le devenait encore par ce mariage du roi d'Aragon et du comte de Provence. Il était oncle du vicomte * de Garcassonne, oousIq da comte de Gommenges, parent des vicomtes de Narbonne et de Nîmes, ami dans tous les temps des comtes de Foix, tuteur de Marie de Montpellier, et le roi d'Aragon, en épousant cette princesse, devenait son vassal. Il était comme l'Agamemnon de cette confédération romane, dont les rameaux s'étendaient depuis la Vienne jusqu'à l'Èbre, et des Alpes jusqu'à l'Océan. Le comte et la jeune comtesse de Toulouse, trois mois après, se rendirent pour le mariage du monarque à Montpellier où vint'de son côté son frère Alphonse^ comte de Provence. La chevalerie des Pyrénées s'y rencontra avec la chevalerie du Rhône et des Alpes. Des Ikntasias espagnoles et. provençales» à la manière des Arabes, animèrent de lenrs jenz ces poétiques plages deMagnelonne, antonr de la tombe de Guilhem Vill. La triste Marie eut peur, à ce qu'il semble, d'épouser ce beau et volage prince. L'infortunée fit stipuler dans le contrat qu'elle ne serait jamais répudiée*. Ce pressentiment n'était que trop prophétique. Le monarque promit tout, mais une fois seigneur de MontpelUer^il délaissera cette princesse, il demandera son divorce an pape ; Marie mêlera Son venvage an veuvage d'Ëudozie; et la reine et
!• O. d0 PuOaiiTCiit, Marca, Oari«L
S64 HISTOIRB DBS ALBIGEOIS
Fimpératrice renouvelleront Timaee des Ariadne et des Andromède abandonnées par les héros grecs sur des riyages déserts.
. Le roi Pierre et la reine Marie vinrent^ à ce c[a'il parait, après lenrs noces, Tisiter Hamon-Roger, vicomte de Garcassonne» éponz d'Âgnôs de Montpellier. De nouvelles fôtes les attendaient dans le glorieux manoir des Trencabel. Les barons des Corbières et de la Montagne-Noire descendirent de lenrs donjons pour saluer la roi, et la reine eut une cour de toutes les beautés immortalisées par la harpe de Raraon de Miraval. On y vit la dame do Penne, la blonde Aladaïs de Boissezon, Ermengarde de Castres, la belle Albigeoise, la fameuse Loba de Pennautier, Brunissende de Cab-Aret, Gémesquia de Minerbe^ qui n'avait jamais trompé personne et pti jamais fC avait été trahie^ en quoi elle mérite bien son nom de Perle-Ibère (Gomma-Esquiva). Ces fttes furent probablement suivies d'un tournoi théologique. C'était l'amusement des princes. Le vicoknte Ramon-Roger pratiquait en religion la tradition libérale de son père Talhafer. Il avait permis aux églises albigeoises de se construire de?; temples, des écoles, des hospices, qu'il exempta de tout impôt, et de cette concession furent garants Sicard de Puilaurens et Bernard de Villeneuve qui devait, six ans plus tard, être l'un des juges de la conférence de Montréal ( 1 20 1 ) * . Toutes les religions étaient ad mises dans ses États; il avait pour argentier le juif Samuel ; Bertran de Saissac, son tuteur, était cathare, et