Piei*» de Vau-Geiuftjv f
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leurs murs. L'évêque cathare, les diacres albigeois, les citoyens compromis, se réfugièrent dans les Pyrénées. Ilemontant les rives de la Garonne "et de l'Ariège, ils se retirèrent dans le com(é de Foix, auprès du comte Raraon-Koger et de la vicomtesse £sclarmoade. Quaud Rome enlevait la terre et Teau aux cathares^ Esclarmonde ouvrit aux fugitifs les portes de Pamiers, et pressentant les orages de Ta^ venir, résolut de leur offrir une retraite inexpugnable sur la cime sauvage de Montségur.
Gaiicôli» évéque cathare de Toulouse, demanda un asile aux Fils de Bélissen^ seigneurs de Mircpoix. Cette maison chevaleresque ou plutôt cette tribu ibéro-golhique reconnaissait une femme pour son antique patriarche : soit une matrone dont le nom germanique était Mélissende, soit et plus vraisemblablement une déesse dont le nom était Bélisseraa ou Bélissena. Le dimanche s'appelle encore, chez les Basques, Astartéa. Lavélanet, ou plutôt Moutségur, était un sanctuaire du soleil, Bôlénus ; Mirepoix devait être un bocage de la lune, Bôléna, Bélissena^ la reine des Cieux. La race cantabre qui construisit son château sur l'emplacement de cet autel> conserva dans le christianisme l'orgueil de celte origine mythologique. Les noms de Sol, Estelo, Gométa étaient très fréquents dans le Midi. Plusieurs mai« sons pyrénéennes portaient des noms astronomiques. C'était une tradition ibère, un reste du culte oriental de la lumière, qui se transforma mystiquement dans la religion du Paraclct. Toutes cts lamiiles sidérales embrassèrent ardemment le catharisme, et pendant ces jours de lutte, dans le capitoulat de Toulouse, on
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voit figurer Pons, Ramon'et Adalbert Astre. Il en fut sans doute ainsi des Fils de Bélissen *•
Les Pierre-Roger de Mirepoiz étaient le tronc sécalaire d'où se détachèrent snccessivement, d*abord lias Ârnanld-Roger (xi* siècle), pais lesBatalha (zii" siècle), et tout récemment enfin les Isarn'de Fanjaus (xiii® siècle). Les Batalha formèi-ent trois rameaux, ceux de Mirepoix, ceux de Venlenac, ceux de Castelverdun. Outre ces rameaux uiasciilins, l'antique souche avait poussé des branches iV'minines dans los n)aisons de Durban, de Lordat, de Rabat, d'Astnava, de Gastilho, d'Arvigna, deCastolverdun et de Montservat. La femme, qui donnait le nom â la famille, héritait aussi bien que l'homme dans cet te don ce féodalité méridionale; et la terre de Mirepoix, indivise sons tant de chefs, formait nn mélange du dan ibère et du domaine féodal. Les Pierre-Roger, atnés de leur race, possédaient seuls le château ; de leur donjon, ils découvraient leur domaine immense arrosé par l'Ers. Il comprenait, outre les collines environnantes, les montagnes du Chercorb, et les cimes inférieures des Pyrénées. "Mirepois, F^injaus, Prouillo, Chalabre^ en étaient les principales chàtellcnies. Les seigneurs de Gabrespina et de Rocaféra, dans la, Montagne-Noire, étaient encore des Fils de Bélissen, et leurs ancêtres avaient fondé Tabbayede Cou-
l. La culte àé Minerva Bélisana existait chez les Consorani.
Ampère, Hist. litt. de la France, t. I, ch. iv. — Près de Mirepois, on voit encor.> la foit't do \i\ Béléna. — Pech-Lunar, en Laaragais, était aussi ua autel de la Lune.
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ches, 8or lear territoirev an nord de Narbonne^
Roger de Mirepoîs, compagnon de Ramon IV, comte de Toulouse, dans la première croisade, avait comme lui fait vœu de mourir en Palestine. Pierre • Roger, son petit-fils, suivit en Orient le comte Hnmon-Roger de Foix, dans l'expédition de Philippe- . Auguste et de Richard Cœur de Lion. II était, avec Bertran de Saissac et Amène de Montréal, Toraement des cours de Garcassonne et de Foix. Guerrier et poôte, il rompit des lances et composa des ballades poar la fameuse Loba de Pen-Autier. Cette sentimentalité chevaleresque et poétique s'idéalisa plus tard et se sanctifia dans le catbarisme. Mirepois, en religion, en combats et en amours, fut toujours on dimiontif de (kreassonne, un reflet de Foix, ses deux suzerains. Les Fils de Bélissen adoptèrent avec ardeur ce christianisme oriental. Ils* l'accueillirent dans leurs cités, dans leurs châteaux, dans leurs cœurs. Non contents d'adhérer au dogme, ils entrèrent dans le sacerdoce. Mirepoix, résidence de l'évôque de Toulouse, devint une métropole du catharisme pji^néen. Les diacres prêchaient sur les places publiques;'il y avait un temple, des écoles, des hoepiceSf un cimetière. A la téte de ses diaconesses était, au moins par la renommée, une veuve célèbresons le non^ de Na Lauretta,
Mirepoix s'allongeait sur la rive droite de l'Ers, entre la colline du chftieau le torrent qui descend de Montségur. Sur sa téte^ il voyait le donjon, et à
1, Dom Vaissette. Sernieut des Béiissen. Chartes. 1 IGl.
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ses pieds le gave de montagne. De son mnr méridional, il regardait^ comme son nom l'indiquo, lo poisson jouer dans les eaux limpides'. Aujourd'hui le vieux Mirepoix n'est plus; la croisade l'a jeté sur Taatre rive du âeuve, et de son antique manoir féodal il ne reste qn*un débris informe. Nous avons visité ' ces raines patriotiques. Avec quelle émotion nous avons découvert, sur une pierre sculptée, dans un écusson octogone, les armes de Toulouse, Tagneau et la croix. Emblème attendrissant t Doux et tragique symbole ! L'agneau rumine en paix sous la croix, arbre sinistre aux rameaux dépouillés, au sommet apilé par l:i foudre. Et déjà s'élance de son antre le lion qui doit le dévorer.
L'évéque Gancéli, arrivé à Miiepoix, réunit en synode les diacres fugitifs et les seigneurs patrons de l'Église du Paraclet. Ce synode, ecclésiastique à la fois et laïque, comme les anciens conciles d'Ëspagne, se tint probablement dans le château, alors appelé la Tcfur, bien digne de recueillir dans ses mors Cette assemblée religieuse et patriotique, oomme le témoignent encore les sculptures héraldiques de sa façade, la buebis ibère et la croix de Christ. Lft se trouvèrent dans leur manoir patriarcal les douze rameaux des Fils de Bélissen et la plus haute chevalerie du pays de Foix. Plusieurs de ses membres figuraient au rang des parfaits, des diacres et dos évôques : double preuve du sentiment religieux de ces barons, et du caractère profondément national de rivjlise joliannite. Sous la présidence nomiuale du vénérable Gaucéii,
l. Mir»>piaeeiii.
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le véritable chef du synode était son Fils-majeur, Guilhabort de Castras. De leur haut donjon, ces barons et ces évôqiios, assis sur les banquettes de granit qui garnissaient les murs et les vastes embrasures des ienôtres, apercevaient à travers leur étroite ogive, par-dessos la vallée de l'Ers et les collines rocailleuses qni la bornent an snd, les cimes neigeuses des montagnes dn Thabor, et an-dessous de la région des frimats» sur une cime sombre, le casteUum romain de Montségur. Le synode décida qu'on demanderait cette roche k l'infant Roger-Bernard, qui remplaçait le comte captif, pour faire de son donjon aérien l'arche de salut du Paraclet. En conséquence, le patriarche Gaucéli, avec une escorte d'évôques, de diacres et de chevaliers, dut se rendre au château de Foix, auprès du comte, puis au Castellar de Pamiers, auprès d*Esclarmonde, châtelaine douairière des montagnes du Thabor. Toutefois l'histoire garde le silence sur ces négociations préliminaires, soit que le temps en ait détruit les titres, soit que la pieuse fidélité des contemporains ait laissé le comte et la vicomtesse derrière le nuage. Mais bien que Tintervention des deux princes ne soit pas douteuse, nous ne voyons pourtant que la députation cathare se rendant de Mirepoix dans le pays d'Olmès, auprès de Ramon de Pérelha, seigneur de Montségur, mandataire d'Esclarmonde et vassal déi^ouô et favori du comte Uamon-Rogcr