Snlpice Sévère, hist., livt II, cap
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HISTO^M DBS ALBIGEOIS 3M
cemment monté sur son trône épiscopal. Mais qui donc les empêche d'attaquer la métropole johanuite? Ce n'est pas évidemment le trop pacifique comte. Ce sont plutôt les énergiques consuls et les frémissements de Torageuse cité. On trouve, en eti'et, à la této de ces magnanimes capitoals» les chefs civils da catharisme touloosain ; le fameaz Arnaud-Bernard ; Bernard le Bonhomme; Amaiild-Taillefer dont la maison était on oratoire; maître Bernard, ringénienr des remparts ; Kamon de Pégulha , père d'un troo» badonr des guerres^. Laissant donc la capitale mnndine, ils attaquèrent tout à Tentour ses forts avancés. Ils marchèrent d'abord sur Vertfeuil, château situé à six lieues vers le levant. Vertfeuil était cathare et léoniste depuis cent ans. Saint Bernard s'y était rendu avec le légat pontifical. Les habitants charivarisèrent le légat, bien qu'escorté des foudres de Rome et du génie du grand abbé de Glairvaux. Le principal seigneur de Vertfeuil et protecteur de Talbigisme était le cheyalier Isam Néi>cdat (i'oragenx). B^nconpd'hérésiarqaesacooiinirent àl'appel dlsarn et an défi de Diégo. Les tenants cathares furent Pons, âls de Jordan, et Amanld d'Arifat(la roche des fées). La dispute s'engagea sur la divinité et l'humanité de Christ. L'évêque cita ce passage de saint Paul : « Nul n'est monté au ciel que celui qui en est descendu.— Gomment l'entendez- vous? dit-il. — Nous entendons, répondirent les cathares, que Jésus, qui est le Fils de l'Homme, est maintenant dans le ciel. — Donc, repht l'évéque, celui qui est dans le ciel,
l. Da Mège, Hist. de Touloiifle, 1 1, p. SS9.
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et qui s'appelle le Fils, n*est qu'un homme? — Certainement, répondit l'Albigeois. » L'évôque continua : « Le ciel est mon trône, et la terre est l'escabeau de mes pieds, » dit le prophète Esaïe. « Donc l'homme assis dans le ciel touche de ses pieds la terre, et la longueur de ses jambes est de tout l'espace de la terre au ciel? — Nous l'entendons ainsi, reprirent les cathares, — Qae Dieu vous maudisse I s'écria le bouillant Espagnol. Voua n'dtes que de grossière hérétiques ! Je tous croyais plus sa* gaoes* I »
G*e8t ainsi que Guilhem de Puilaurens raconte la discussion, un demi-siècle après révénement. Evidemment ce n'est pas ainsi qu'ont parlé Pons Jordan et Arnauld d'Arifat. Le johannite ne croyait qu'au Verbe. Il n'admettait dans Jésus qu'une chair fan- , tastique. Il rejetait absolument le Fils de l'Homme. . Ce Christ humain et colossal est une conception ébionite, et rappelle l'Adam uniTcrsel des rabbins, et l'on et l'autre ne sont qu'une grossière image du Jéhova hébreu. Il conyient moins au catharisme qu'au christianisme judaisant de DiégOy dont la logique incorrecte et l'argomentation barbare mériterait asses la brutale insulte dont il apostrophe les deux théologiens gnostiques.
De Vertfeuil, les légats se rendirent à Caraman. Le seigneur s'appelait Gérald de Gourdon. Son manoir avait reçu Nicétas, patriarche cathare de Gonstantinople. C'est au synode de Saint-Félix que ce ^ôtropolite d'Orient organisa l'Église d'Aquitaine.