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CHAPITRE PREMIER

Conférence de Pamiers. — Ramon-Roger, comte de Foix. — La famille comtale. — Les chevaliers pyrénéens. — Los cvéques et diacres albigeois. — Les légats romaine. — Maître Amauld de Campranhan (1207).

Un orage immense se formait sourdement antonr An Vatican. Ses lourds et noirs nuages menaçaient non plus TOrient, mais le monde occidental. Gen'est

plus l'islamisme, mais la chrétienté elle-même que le vice-Dieu de Rome allait frapper de ses foudres. La croisade contre Tempire grec conduisait à une croisade contre TAquitaine^ cette Grèce alexandrine d'Occident.

Les cathares^ loin de la craindr^^ semblaient bra-

ver, proToqaer la grande tempdte. Avec une témérité chevaleresqae, ils défiaient à des colloques pablics les terribles' champions de la papauté. Les paissants légats hésitèrent d'abord, puis relevèrent

enfin ces audacieux défis. Le midi se couvrit de joutes théologiques. Une première eut lieu à Carcas-

■ sonne en présence du roi d*Aragon ; une seconde à Vertfeuil; une troisième à Garaman; une quatrième à Béziers ; une cinquième à Garcassonne ; une sixième qui dura quinze jours à Montréal; une septième enân, qui devait éclipser toutes les autres, fut convenne à Pamièrs Tout porte à croire qu'elle fut provoquée par la vicomtesse Ësclarmonde. La docte princesse se proposait d'y prendre part» de rompre des lances dans la mêlée théologique, et de faire humilier par ses humbles cathares ces Romains su-

• perbes.

Ni la conversion d'Esclarmonde, ni la reconstruction de Montségur, ni les conférences de Pamiers, ne purent évidemment avoir lieu sans le consentement du comte de Foix. C'étaient trois scènes du même drame religieux en dehors et au-dessus duquel il aifectait de se tenir impartialement comme souverain. Mais comme le roi d'Aragon et le vicomte de Garcassonne, ses cousins* il voulut que ces discussions solennelles se passassent spus ses yeux. Laïque, il se posait non comme juge doctrinal, mais comme prince féodal, modérateur des deux sacerdoces. Il descendit de son château construit au pied d'un trapèze de rocher dont la cime, semblable à un piédes-

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