Réponse du docteur Garcia, de Toulouee
2. LameimaU : Esq. d^une philosophie. — Q ]i*«ziste qu^une sabttaace : seulement nous ne savons pas comment elle se trouTe, tantôt à i*état d'esprit, tantôt à l'état de matière.
HISTOIRE DKS ALBIGEOIS
pensée de saint Paal : C'est parla foi que nous savons
que le monde a été fait par la parole de Dieu, et qae les choses visibles ont été tirées de choses invisibles, (llébr. XI, 3.) Paul et Thomas inclinent ici à la cosmologie cathare. Le monde donc, émané de Dien, est, quant à son principe positif, quelque cho^e de vivant, et, quant à son principe négatif, quelque chose d*illasoire; il est à la tois divin et fantastique. Le manéisme disait avec Tlade : Le monde est on rôve de Dieu, la Mahia» mais nn réve douloureux, un cauchemar. Les cathares, comme tous les Alexandrins, ne pouvaient se débarrasser d'une contradiction inhérente à leur système : le mal était et n'était pas, tantôt principe réel, tantôt forme illusoire et personnification du Non-Être. Ils eussent chanté avec David : L'homme est un phénomène errant dans le monde des apparences. (Ph. xxxix, 7.) Et cependant ce monde était leurs yeux un animal. Saint Augustin est encore manichéen lorsqu'il dit : Cœiiii/i cœli creatura est aliqua infellcctnalis^ , Dans l'Apocalypse, la cité de Dieu est vivante et intelligente. « Rien n*est matière dans les demeures de l'Esprit, rien n'est mort dans les lieux de l'éternelle existence^ > Une vie immense palpitait dans Tunivers. Les monts, les bois, les fleuves, les vents avaient leur voix, leur langage, leur cantique. Les plantes même avaient des affections, des sentiments. Les cathares croyaient, comme saint Augustin, que la figue détachée du rameau maternel pleurait des larmes de
1. Cest la cité vivante et intelligeute do saint Jean. Apoc. XX.