QuiUiem de Poilaurens. Ch. VIlL
lIISrOlHK UKS ALBIGEOIS
L'abbajdde Saint-Ântonm héb6rgeait les ch a râpions romains qui, chaque matin, revenaient le long dp rivage de TAriège et se retiraient processionnel- •lement, chaque soir, la croix en tôte, et chantant le Venispiritus! Les é\è [lies albigeois étaient recueillis avec amour, sur le Gastellar même, dans le palais d'Esclarmonde. Les consuls de la cité festoyaient les chevaliers et les trouhLuiours, A la tête des harpéors figurait sans doute le grand Maître d'Amour y le vénérable Arnauld d'Aniel, poète et théologien, et l'héroïne do ses chants Na Bonavillaria, que. le ménestrel vieillissant célébrait encore sons les noms mystérieux de Bel-Esper (bel*-Espoir) et de Miels que ben (Mieux que bien), espoir qui remonte'maintenant vers les horizons célestes, amour qui se perd dans le souverain Bien. La salle capitulaire du Gastellar ne pouvait contenir, si vaste qu'elle fllt^ qu'un nombre très limité d'auditeurs pHvilégiôs. La foule ondulait et murmurait au dehors comme une mer autour du monticule sacré. Les chevaliers s'en déJorninageaient, hors des murs, par des tournois où ils aiguisaient leurs lances comme pour les prociiaines batailles du Paradât. Tout Pamiers retentissait de bruits d'armes, de discussions ihéologiques, de chants et de sons dô harpe. Revenons aux conXôrences du Gastellar.
GUAPITRË VI
Momie catbai'ô. — Les trois vœux : Pauvreté, Âbstiaaace, Géli^t. — Mariage et éunille cathare. — Les croyants et les pariaiti.
Toute conception est une, et de son dogme générateur dérive logiquement une morale, ua culte, une organisation analogues. Le dogme générateur du catkarisme, c'est que l'homme est un esprit exilé sur ce globe» sa prison, et captif dans la matière» fion * tombeau. Il disait avec Platon: la chair est un sépulâre ^ Se détacher d'un monde mauvais» d'une ehair inane et fatale» voilà» dans sa magnifique simplicité» toute la morale cathare. Le catharisine est essentiellement une purification» une tendance» une aspiration à la vie angélique.
De ce principe, trois applications d'une portée immense. 1° La Pauvreté. Le vrai cathare ne possédait rien dans le monde, ni champ, ni maison, ni argent. De rhospitalité, il recevait le logement» et